Le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris a été vivement critiqué outre-Atlantique. De très nombreux maires de grandes villes veulent continuer d’appliquer la transition écologique et garder le contact avec la communauté internationale.

Et si Trump avait rendu un sacré service à ses détracteurs ? C’est comme si la décision de Donald Trump de se retirer de l’Accord de Paris sur le climat avait galvanisé les partisans du texte, soutenu par presque l’ensemble de la communauté internationale.  Aux Etats-Unis, elle a aussi été largement critiquée. Le président américain, qui avait fait du retrait une promesse de campagne, a dit vouloir « représenter Pittsburgh » plutôt que Paris ? Bill Butedo, le premier magistrat de cette ville a assumé son désaccord et déclaré vouloir suivre « les directives de l’accord de Paris pour (son) peuple, (son) économie et (son) futur ». Une prise de position saluée, en anglais, par Anne Hidalgo dans une vidéo.

Des ONG environnementales, en France, ont évoqué leur « colère » après l’annonce du successeur d’Obama. Floran Augagneur, de la fondation Fondation Hulot, a expliqué néanmoins, sur CNEWS, qu’on pouvait faire « sans Trump », tant la société civile, outre-Atlantique, est « en marche ». En effet, de nombreuses villes veulent à tout pris continuer d’appliquer la transition écologique.

A lire aussi : Ce qu’il faut attendre de la conférence Bonn sur le climat

“Protéger notre planète”

Certains maires, outre de nombreux acteurs économiques, sont vent debout contre la décision de la Maison Blanche et l’ont fait savoir très vite : ils respecteront, ont-il dit, l’accord de Paris. Exemple : Kevin Faulconer de San Diego a redit que sa ville était « en pointe dans le développement des énergies renouvelables, dans le traitement de l’eau usé et des emplois verts ».

Avant même cette annonce, le maire de Los Angeles, Eric Garcetti, avait pris la tête d’un mouvement regroupant des municipalités pro-climat – « Mayors National Climate Action Agenda ». Ce collectif, regroupant aujourd’hui plus de 220 maires de villes (et 57 millions d’Américains), a dénoncé la décision de Donald Trump. Unis, ils organisent la résistance. Ces édiles veulent respecter les engagements pris lors de la COP21, à Paris.

Philadelphie, San Diego, Chicago, Denver ou encore Detroit se sont engagés à « poursuivre les efforts, et prendre de nouvelles actions », mais aussi à « bâtir une économie basée sur les énergies propres ». Ils veulent construire davantage de véhicules électriques. « Nous allons construire des relations dans le monde entier afin de protéger la planète », ont ajouté dans un communiqué les édiles, dont le mouvement attire chaque jour de nouveaux maires (au nombre de 223, le 5 juin) Comme le maire de Cleverland, Franck Jackson, qui a expliqué qu’il avait la “responsabilité” de laisser aux générations qui suivent « une ville plus verte, plus brillante et en bonne santé”.

Un chèque qui compense

Par ailleurs, l’ancien maire de New York, Michael Bloomberg, actuellement envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour les villes et le changement climatique, a annoncé qu’il allait mettre 15 millions de dollars sur la table. Et ce, pour compenser le  manque à gagner consécutif au choix de Trump. L’objectif ? “Appuyer les opérations du secrétariat de la Convention climat de l’Onu (CCNUCC), dont celles pour aider les pays à mettre en place leurs engagements dans le cadre de l’accord climat de Paris de 2015″, a fait savoir  la fondation Bloomberg Philanthropies. Au Monde, il a précisé  que la somme correspondait à “la contribution annuelle des Etats-Unis au budget de fonctionnement de la CCNUCC“.

Et il poursuit : “Nous allons structurer une coalition de nombreux maires, gouverneurs, présidents d’université, chefs d’entreprises, qui veulent travailler ensemble pour tenir les engagements américains de réduction des gaz à effet de serre. Le gouvernement fédéral a fait très peu de chose. Barack Obama a pris quelques décisions avant de quitter ses fonctions. Mais la plupart des progrès réalisés sur le climat viennent des gouvernements locaux, des corporations et des individus.”

L’Accord de Paris, signé fin 2015, a été ratifié en novembre 2016 par les Etats-Unis. Or, pour en sortir, Donald Trump va devoir attendre, car tout Etat doit patienter trois ans après  l’entrée en vigueur du texte pour sauter le pas. Si l’on prend en compte le préavis d’un an, cela signifie que le président ne pourra officiellement se désengager avant 2020, soit… l’année de l’élection présidentielle aux Etats-Unis.

up91Ce sujet vous intéresse ?

Retrouvez l’article “Ralentir le réchauffement climatique” dans la 9ème édition d’UP le mag

-> Découvrir le sommaire et le numéro
-> Abonnez-vous pour recevoir ce numéro ou achetez-le dès maintenant !

Info inspirante ?
Avis des lecteurs 1 Avis
86%

Commentaires