Lancée en juillet 2016, la plateforme Studylink propose aux étudiants de financer leurs études grâce à des prêts, avec ou sans intérêts, octroyés par des particuliers. Plus que la solvabilité de l’étudiant, c’est son profil, ses compétences et son projet professionnel qui constituent les conditions de l’emprunt.

Jocelyn-Kimberly a 23 ans. Après une licence en Langues étrangères appliquées en anglais et en chinois, elle souhaite intégrer E-artsup, une école de communication visuelle située à Bordeaux. Elle évalue à 9 000 € ses besoins financiers pour payer une année dans cette école et obtenir un Bachelor. Elle vise ensuite un Master en alternance qu’elle pourra autofinancer, avant de devenir graphiste dans le milieu publicitaire.

Rémi, 33 ans, souhaite intégrer l’école de commerce Edhec après avoir réussi son concours d’entrée. Chef d’équipe au sein d’une entreprise de gestion électronique des documents, le cycle supérieur de management proposé par l’école lui permettra d’évoluer dans l’organigramme en prenant davantage de responsabilités. Pour réaliser son projet, il lui manque un tiers de la somme, soit 4 000 €. À sept semaines de la fin de sa levée de fonds sur studylink.fr, 25 %, soit 1 000 € ont été prêté, dont 5 % par des proches de Rémi.

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Un financement pas toujours simple

Jocelyn-Kimberly et Rémi sont loin d’être les seuls étudiants ou actifs en formation, voire reconversion, à avoir besoin d’un coup de pouce financier. Entre les frais de scolarité, le logement ou encore les transports, les dépenses des étudiants sont souvent bien plus conséquentes que leurs revenus. Sur 2,5 millions d’étudiants, 56 % contractaient d’ailleurs un prêt pour financer une formation d’une durée inférieure ou égale à 2 ans, d’après l’étude Fiancetesetudes – Moneo de 2013.

Mais pour se tourner vers une banque classique, encore faut-il être solvable ou avoir une caution parentale solide. Parce qu’il a lui-même éprouvé des difficultés à financer ses études, Jérémy Ruet, ancien banquier spécialisé en financement, a eu l’idée de créer Studylink. Avec Julien Salinas, ingénieur développeur, il lance cette alternative au financement bancaire traditionnel en juillet 2016. Le site de « crowdlending », ou prêt participatif, aide des étudiants sans garanties financières à s’acquitter des frais liés à leurs études, grâce à des prêts contractés auprès de particuliers bienveillants.

Trois profils d’étudiants sur Studylink :

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Des prêteurs bienveillants, des étudiants responsables

L’étudiant doit tout d’abord renseigner son profil de manière attractive. C’est lui qui définit ensuite la somme et les modalités de son prêt. S’il limite, par exemple, à 2 % le taux d’intérêt maximum, les prêteurs choisiront, individuellement, un taux entre 0 et 2 %. La plateforme encourage les bénéficiaires à communiquer l’existence de la campagne auprès de leurs proches, de leurs connaissances et de leurs collègues. Si la somme est atteinte dans le temps imparti de la campagne, elle sera versée automatiquement sur le compte du bénéficiaire. Si l’étudiant n’a pas choisi de rembourser en différé, un prélèvement mensuel sera effectué et réparti entre ses divers prêteurs. Si la somme n’est pas atteinte, la campagne sera à renouveler.

Sur Studylink, le montant moyen est d’environ 4 500 € avec ou sans intérêt. Les étudiants échelonnent leur remboursement généralement sur trois à sept ans. Pour les prêteurs, peu de garanties. Si le site vérifie les informations sur les étudiants, et notamment leur inscription réelle dans l’établissement visé, aucune garantie ne leur est apportée en cas de défaut de remboursement des bénéficiaires. Studylink compte en effet sur le lien moral entre étudiants et prêteurs. La startup fait le choix de ne pas se porter garant, afin de ne pas rentrer dans la logique bancaire qu’elle critique.

Pour se rémunérer, une commission de 4 % est prélevée sur le montant du prêt lorsqu’il est débloqué. Courant 2017, une levée de fonds, auprès de “business angels” (des investisseurs engagés, ndlr), devra permettre l’embauche de trois personnes et le financement d’une cinquantaine d’étudiants.

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