La Plateforme Insertion du groupe SOS, avec le projet Teame, a recruté neuf jeunes de Seine-Saint-Denis et leur ont permis de créer de A à Z une entreprise éphémère, active durant trois mois. L’idée, qui s’appliquera à d’autres territoires : tendre la main à des 15-25 ans en rupture scolaire et professionnel.

Ils sont neufs à travailler dans la petite maison. Ce jour-là, ils ont ouvert leurs portes, à Saint-Denis, pour présenter leur projet. Âgés de 17 à 22 ans, ils viennent de créer une entreprise multiservices. Aide à la personne, jardinage, déménagement, ils proposent leur aide tant aux particuliers qu’à des professionnels. Signe distinctif : les neufs cogérants, originaires de la Seine-Saint-Denis, ont monté une société éphémère, sous l’égide du groupe SOS.

C’est là, au cœur de l’Usine, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) que les neufs “teamers” ont imaginé leur entreprise éphémère.

L’idée de l’initiative : développer le potentiel de chacun, leur donner envie d’apprendre, d’innover, de créer, d’entreprendre. Et ainsi, casser l’image négative qui est parfois véhiculée sur les jeunes. « Ils seraient peu motivés, en rupture, sans énergie, sans projection », explique Sébastien Giraud, directeur de la Plateforme Insertion du groupe SOS, qui édite UP le mag. Dans un contexte de chômage de masse et alors que les moins de 18 ans sont nombreux à sortir du système éducatif sans qualification, celui-ci veut démontrer le contraire.

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Pari réussi

Co-financé par le Fonds social européen, le programme Teame – c’est son nom – s’adresse, en Seine-Saint-Denis, à des jeunes en rupture familiale, en décrochage scolaire et leur tend la main. Il y a par exemple Patrick, 20 ans, qui avait postulé à l’Usine, pour devenir serveur : « Je n’ai pas été pris, mais on m’a parlé du projet et cela m’a plu », confie-t-il durant l’inauguration de son lieu de travail du moment. Celui-ci avait débuté une licence en sciences de l’ingénierie et, désormais, ne s’interdit rien pour la suite : « On va travailler trois mois et on verra ce qu’il se passe après, si ça se trouve, l’un de nous reprendra la société. Qui sait ? »

Il sourit. Le jeune entrepreneur n’est pas sûr, mais se pose sincèrement la question. Comme son ami Jephté, qui, lui, a entendu parler de Teame 93 dans son foyer : « Je ne faisais pas grand-chose, alors je n’ai pas hésité. » Pari amplement réussi : « Je pensais que cela allait m’apporter un plus au niveau professionnel, mais c’est également le cas d’un point de vue personnel. »

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Favoriser l’intégration

Reprendre confiance en soi, prendre conscience de ses points forts (et faibles) fait aussi partie de l’aventure. « Je les vois comme des entrepreneurs, comme moi », souligne Usha Matisson, le parrain de l’équipe, qui est membre du réseau des Jeunes entrepreneurs. Chacun se focalise sur ses motivations et ses objectifs à atteindre. Cette expérience devra ensuite servir à d’autres, puisque le projet est amené à être dupliqué ailleurs, à Paris et dans d’autres départements franciliens, comme dans le 95. Et ce, avec le soutien de l’Association pour la rencontre (APR), située à Cergy-Pontoise.

Son président – et membre fondateur – Patrick Bunzi s’est justement rendu à l’inauguration à Saint-Denis « pour voir comment ça se passe », discuter avec les jeunes. Dans le Val d’Oise, le département du Nord-Ouest parisien, il accompagne les jeunes, fait du soutien scolaire et favorise leur intégration dans leur milieu grâce à des activités culturelles et sportives. Il glisse ne pas avoir encore identifié les futur entrepreneurs en herbe. Work in progress

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