Présenter des personnes issues de la société civile aux législatives pour qu’elles relaient les décisions de citoyens s’exprimant via une plateforme numérique, tel est le pari de #MaVoix pour renouveler la démocratie.

Au lendemain du débat télévisé entre cinq des 11 candidats à la présidentielle, lundi 21 mars, qui nous a laissés sur notre faim, plein d’incertitudes, l’évènement tombait à point nommé pour nous redonner envie de croire en la politique ! Ce mardi, le mouvement #MaVoix organisait une rencontre au café La Colonie, à Paris, pour présenter son concept et peaufiner sa stratégie afin de gagner des sièges aux élections législatives. L’occasion d’en savoir plus sur cette opération inédite.

Rencontre #MaVoix, le 21/03/2017, à Paris

#MaVoix se présente comme un « mouvement citoyen » qui n’est affilié à aucun parti politique. Il a été créé par des personnes partageant l’envie d’un renouveau démocratique. Voici l’idée : présenter des candidats aux législatives, parmi des volontaires tirés au sort. Une fois ces personnes élues députés, elles seront chargées de voter les lois en fonction des décisions des citoyens s’exprimant sur une plateforme en ligne. Par exemple, si une loi a reçu 60% d’avis favorables sur la plateforme en ligne, et qu’il y a 10 députés #MaVoix, 6 voteront pour cette loi, et 4 contre. Toute personne qui le veut pourra voter en ligne.

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Fini la personnification…

Installées par petits groupes aux tables du café, les personnes impliquées dans MaVoix présentent ce système aux nouveaux venus. Parmi eux, Quitterie explique : « On sort de la personnification, les candidats #MaVoix ne sont pas en campagne pour leur propre personne, ils n’ont pas besoin de plaire, ils représentent le mouvement. » « Parmi les candidats, il n’y a que trois personnes qui étaient dans le mouvement à l’origine. Pour le reste, ce sont des personnes qui ont connu #MaVoix de bouche-à-oreille », précise un autre membre du groupe. L’enthousiasme et l’optimisme résonnent dans la salle.

À date, environ 150 personnes se sont portées volontaires, parmi 50 groupes locaux créés dans toutes la France. Les profils des personnes impliquées, en termes de genre, d’origine sociale ou d’âge, sont très variés, même si certains remarquent que pour le moment, il y a un peu plus d’hommes parmi les candidats. La plupart des participants ont connu #MaVoix grâce à ses vidéos, qui ont remporté un vif succès sur les réseaux sociaux.

La première vidéo MaVoix, diffusé après l’été 2015 :

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…Vive l’expérimentation !

« Les députés #MaVoix s’engagent-ils sur un socle idéologique ? », interroge un intéressé. La réponse est non, puisqu’ils seront chargés d’appliquer les décisions prises par les citoyens via la plateforme, donc des opinions variables. « On nous demande souvent : et si les néo-nazis débarquent en masse sur la plateforme ? Eh bien, je dis : testons, voyons ce qui ce passe. Le but est d’ouvrir une brèche, de faire de l’expérimentation », rappelle Quitterie. « Il en sortira ce qu’il en sortira, mais au moins je voterai pour ce qui me donne envie », remarque une autre militante.

Le tirage au sort qui désignera les candidats aura lieu le 6 mai à Paris. En guise de formation, #MaVoix va sortir un MOOC créé par des étudiants en Droit à la Sorbonne, à destination des candidats (mais pas que), sur le fonctionnement des institutions politiques. En attendant, les groupes locaux créés un peu partout en France se mobilisent pour faire connaître le mouvement : happening, marchés, pochoirs, tout est bon pour se faire connaître, et grossir les rangs de l’initiative citoyenne !

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