Pour Christophe Tiozzo, ancien champion du monde des poids super-moyens, la boxe est bien plus qu’un sport. Depuis deux ans, le boxeur, fondateur de l’association « Ma place sur le ring », propose un programme à destination des jeunes autistes.

De plus en plus d’organisations sportives mettent en place, parallèlement à leurs activités compétitives, d’ambitieuses politiques d’insertions, souvent en partenariat avec les pouvoirs publics. C’est le cas du football, où des clubs tels que le Toulouse FC ou l’Olympique de Marseille accompagnent des jeunes sur le chemin de l’insertion sociale. Mais c’est aussi celui de la boxe anglaise, un sport moins médiatisé, mais qui compte près de 50 000 licenciés.

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Ne plus esquiver le handicap

Amélioration de sa condition physique, optimisation de sa réactivité, de sa concentration, les points d’amélioration de ses capacités mentales et physiques sont autant de bons arguments pour développer la pratique de la boxe. Un sport qui peut être dispensé auprès de tous les publics, et notamment auprès des personnes en situation de handicap.

L'Académie Christophe Tiozzo dispense son savoir-faire aux jeunes. Crédit : Challenge citoyen

L’Académie Christophe Tiozzo dispense son savoir-faire aux jeunes. Crédit : Challenge citoyen

« Ma place sur le ring », un programme de l’Académie Christophe Tiozzo, délivre en effet ce message positif à qui veut l’entendre. L’association, née à Villiers-le-Bel (Val d’Oise) de l’imagination de l’ancien champion de boxe, estime que le sport doit davantage tendre la main aux personnes qui présentent un déficit mental et physique. Une volonté qui a poussé l’académie à développer des sessions d’entraînement de boxe à destination de jeunes autistes de 12 à 30 ans. Le tout est, qui plus est, construit autour d’un cercle vertueux de l’insertion sociale : les animateurs encadrant ces sessions sont eux-mêmes en réinsertion professionnelle ! Une belle opportunité qu’ils ont su saisir.

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L’exclusion sociale dans les cordes

À travers ces ateliers d’handiboxe, encadrés par des animateurs, l’association accompagne ces jeunes, présentant des troubles du comportement importants, pour leur apprendre à mieux se concentrer, à se canaliser tout en se dépassant physiquement. D’autant que les autistes en question  font partie de ceux qui ont des situations les plus complexes dans leur handicap, avec des troubles de comportement importants, leur empêchant l’accès à des activités récréatives classiques. Ils peuvent, en ce sens, sortir de leur isolement, s’exprimer et se dépenser : un outil thérapeutique qui leur permet de se canaliser pour retourner vers des activités récréatives classiques.

L’association Le Relais, qui prend en charge des personnes en situation de handicap en Île-de-France, se fait en outre l’intermédiaire du programme, qui connait un petit succès auprès de son public. Dans un cycle comprenant 22 séances hebdomadaires, ce sont près de 40 jeunes autistes qui ont pu participer à l’activité. Dans les deux prochaines années, un déploiement de ce dispositif à Toulouse, dans le quartier du Miral, et à Grenoble seront prévus. Consécration : « Ma place sur le ring » a récemment été honorée par « La France s’engage », un appel à projets qui récompense les initiatives marquantes de l’économie sociale et solidaire. Contre l’exclusion des personnes atteintes de handicap, mettons en lumière ces actions qui ont du punch.

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