Lulu dans ma rue identifie des personnes compétentes et talentueuses pour proposer des services à domicile aux habitants d’un quartier. Présente à Paris, elle compte se développer dans d’autres villes avec la même ambition : bouger les lignes de l’économie sociale et solidaire.

Selon la Fondation de France, on compte chaque année plus de 5 millions de Français se sentant victimes d’isolement. Le chômage met, qui plus est, des populations en situation d’extrême précarité. Comment créer une place à tout un chacun dans une société qui exclut les plus fragiles ? À cette question, beaucoup d’organisations tentent de trouver des réponses à travers des chantiers d’insertion au succès mitigé. À ce constat difficile s’ajoute celui de l’anonymat dans les grandes villes, où des personnes seules peinent à se faire une place.

À lire aussi : L’insertion pro est un jeu d’adulte 

Insertion et main tendue

« Il y a trop de personnes dans nos villes qui sont condamnées à l’inactivité », explique Charles-Edouard Vincent, le fondateur de Lulu dans ma rue, une startup associative de service à la personne à l’échelle d’un quartier de proximité. Cet ancien salarié « du privé » s’est rapidement reconverti dans le secteur social, avec une mission au sein d’Emmaüs pendant deux ans, en créant un chantier d’insertion : Emmaüs Défi qui propose à des précaires un parcours d’insertion de deux ans au sein des activités d’Emmaüs. C’est en 2014 que l’idée de Lulu dans ma rue germe dans son esprit.

Lulu dans ma rue installe dans Paris des conciergeries de quartier / Crédits : Nicolas Tronc

Lulu dans ma rue installe dans Paris des conciergeries de quartier / Crédits : Nicolas Tronc

Via un ingénieux  système centralisé de conciergerie, aux allures de kiosques à journaux nichés dans des petites places parisiennes, Lulu dans ma rue fait le lien entre des personnes ayant un besoin (repassage, bricolage, nettoyage) et d’autres ayant envie de rendre service tout en étant rémunérées. Ces dernières, appelées les « Lulus », sont là pour « fixer votre tringle à rideau, arroser vos plantes pendant les vacances, refaire un joint de douche, vous aider lors d’un déménagement, ou faire un ménage de printemps », selon Emma Virey, une des responsables du projet.

À lire aussi : La deuxième vie des objets avec les ressourceries 

Un service pas cher, un apéro solidaire

Comptez entre 5 et 20 euros les 30 minutes de prestation. « Les gens ne sont plus chômeurs ou étudiants, ils sont Lulu bricoleurs, Lulu aide à la l’informatique. C’est le talent qui va primer sur le reste », ajoute Emma Virey. Le service permet d’avoir un revenu non négligeable, en plus d’installer une confiance avec des habitants de son quartier. Pour l’heure, près de 15 200 services ont été rendus dans Paris, auprès de 8 500 clients. Les Lulus sont un peu plus de 100 dans Paris, sélectionnés sur des principes humains. « Contrairement à d’autres structures qui ont des milliers de personnes dans leurs rangs, nous connaissons par cœur nos Lulus. On organise des réunions collectives où on leur présente le projet, certains ne sont pas intéressés mais d’autres  estiment que c’est fait pour eux », précise Emma Virey.

Une fois par mois, Lulu dans ma rue organise des « apéros de quartier » pour mettre en relation les clients et les Lulus au-delà du simple rapport demande-prestation.  « C’est vraiment notre autre vocation : recréer du lien social. Nous créons aussi des partenariats avec des acteurs locaux. C’est très important pour nous d’être un acteur de la vie locale. » Avec le même but à long terme : révéler des talents et soutenir l’insertion sociale.

Une présentation de Lulu dans ma rue : 

Couv_UP11_recentreeCe sujet vous intéresse ?

Retrouvez l’article “Réinventons la ville” dans la 11ème édition de UP le mag

-> Découvrir le sommaire
-> Abonnez-vous pour recevoir ce numéro ou achetez-le dès maintenant !

Info inspirante ?
Avis des lecteurs 3 Avis

Commentaires