LA QUOTI DU SAMEDI – Parce que de nombreuses solutions locales méritent d’être mises en lumière, UP le mag crée un nouveau rendez-vous. Tous les samedis, retrouvez un focus sur une initiative solidaire et durable… en région !

Biocycle œuvre au quotidien pour réduire le gaspillage alimentaire. Cette belle initiative fait le lien entre des commerçants du secteur alimentaire et des associations caritatives. L’organisme, basé à Paris, met l’accent sur la proximité et la relation humaine, en redistribuant les invendus à triporteurs.

En France, près de 9 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Pourtant, 16 milliards d’euros de nourriture sont jetés chaque année dans les poubelles des français, soit 108 € par personne, selon l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Une hérésie en ces temps de grand froid, où des milliers de personnes sont à la rue et aimeraient tout simplement avoir de quoi manger. A ce constat social s’ajoute une inquiétude environnementale : en effet, le gaspillage alimentaire contribue grandement à l’émission de gaz à effet de serre.

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Un trois-roues contre le gaspillage alimentaire

Heureusement, des initiatives tentent de trouver des solutions pour enrayer cette désastreuse tendance. C’est le cas de Biocycle, une structure qui récupère des invendus alimentaires issus des commerces pour les redistribuer à des associations caritatives. Jean-François Recco, jadis responsable en développement d’affaires en Europe, est parti d’un constat amer : « Il y a trop de nourriture consommable jetée à l’échelle d’un quartier. Et pas très loin de nous, on voit des personnes qui ont des difficultés à se nourrir ».

L’idée est donc de faire la jonction entre ces deux problématiques pour en faire une solution. Lancé en 2014, le concept a le mérite de l’originalité : les membres de l’organisation distribuent les invendus… sur des vélo à trois-roues ! Plus précisément des “vélomixeurs” récupérés et retapés, que Biocycle utilise pour distribuer ces fameux invendus, et conduits par les salariés et bénévoles qu’on appelle les « cyclo-livreurs ». « Cela peut créer le sourire dans la rue, tout en assurant le job, sachant qu’on récupère jusqu’à 250 kilos par collecte. Cela permet de faire le dernier kilomètre entre la distribution et la consommation », raconte Jean-François Recco.

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Espoir et pédagogie

Dans ce contexte, Biocycle nourrit des relations agréables et riches avec les associations de redistribution. « Nous voulons être facilitateur de générosité locale », ajoute le fondateur de Biocycle. A cet effet, un travail de pédagogie et d’explication est fait à l’attention des responsables de la  grande distribution. « Les professionnels du secteur ont une activité éprouvante, ça court de partout.  L’idée est de s’adapter à leur contexte en leur proposant quelque chose de bien adapté », ajoute-t-il. En règle générale, l’accueil est favorable.

Certains acteurs peuvent se montrer néanmoins réticents face à une telle démarche, mais l’objectif n’est pas de mettre à l’index. « C’est à nous de faire les efforts nécessaires pour s’adresser aux bonnes personnes ». En outre, la mission de Jean-François Recco s’avère moins rude, depuis que la France est un des premiers pays à avoir adopté la loi de lutte contre le gaspillage alimentaire. Il le voit comme une légitimation de sa démarche. « On se lève le matin avec l’envie de changer le monde, et on est assez fous pour croire qu’on peut y arriver », conclut un Jean-François Recco résolument optimiste.

Une présentation de Biocycle en vélo : 

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Retrouvez l’article “Anti gaspillage dans les marchés de gros” dans la 5ème édition d’UP le mag

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