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Jonathan Tranchard a ouvert, en mai dernier à Rouen, un bar brésilien pas comme les autres. Il a non seulement fabriqué le mobilier intérieur avec de la récup mais aussi mis en place un compost pour les déchets organiques. Un patron, un brin écolo, qui poursuit un objectif : le zéro-déchet.

Le doute n’est pas permis. Quand on se rend à « Brazil », au cœur de la cité rouennaise, on sait qu’on va siroter une caïpirinha dans des bocaux. De la cachaça et des tapas, du mercredi au dimanche soir. En revanche, rien n’indique à première vue qu’il s’agit d’un établissement 100 % écolo… Pourtant, tout a été prévu pour y parvenir.

L’histoire débute en septembre 2015 lorsque Jonathan Tranchard, le patron, récupère un local vide qui avait auparavant servi d’atelier d’art. Il le nettoie et le désamiante. Puis adopte un système d’isolation phonique à base de matériaux sans pétrole. Il se procure du mobilier de récup, notamment un bar en palettes de bois, et des chaises récupérées à droite, à gauche. L’idée : commander sur Le Bon Coin, frapper à la bonne porte, comme à celle d’un menuisier pour acheter des planches qui auraient pu finir à la poubelle.

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Objectif : zéro déchet

Le patron du bar et son fruit préféré. ©Martin Flaux

Le patron du bar et son fruit préféré. ©Martin Flaux

Pour les produits alimentaires, Jonathan privilégie le circuit court, le local et le bio. Les légumes et les fruits, il se les procure dans le coin mais admet que ce n’est pas toujours possible de contourner les voix classiques.

À Brazil, le patron et ses quatre employés essayent de ne rien jeter et visent le zéro déchet. D’abord, ils ont mis en place un bac à compost pour les déchets organiques. Et pour le reste, tout finit dans la benne à recycler. « Mais on essaye d’éviter », sourit Jonathan, prenant l’exemple des pailles : il en a qui se recyclent ; or, il aimerait qu’elles soient… compostables.

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Du pouvoir

Oui, il prévoit d’acheter des pailles à base de maïs. Idem, il compte se procurer des éco-cups à base d’algues. « L’idée est d’optimiser petit à petit, glisse-t-il avant de penser au nombre incroyable de bouteilles d’eau qu’il achète. « Pourquoi ne pas les gazéifier pour réduire le nombre de packs jetés ? »

Des idées, Jonathan en a pléthore. « Les fournisseurs viennent me voir et souhaite me laisser des flyers, des catalogues, des brochures pour me présenter leurs produits. Je refuse. » C’est que Jonathan a un engagement à tenir.

Brazil, Rouen

Une récompense pour Brazil

Le lauréat du trophée d’or des grands prix des commerçants dans la catégorie RSE, remis en octobre dernier, a rejoint l’association Global Compact, qui rassemble des entreprises engagées dans le respect de l’environnement.  Chaque membre doit respecter des principes éco-responsables et afficher des résultats.

Selon lui, Brazil est unique en son genre en France. Et pourquoi a-t-il sauté le pas ? Jonathan, aussi à la tête d’un restaurant (pas éco-responsable), nous explique qu’en tant que commerçant, il a « plus de pouvoir qu’en tant que citoyen ». Et ce, tout simplement car il a « plus d’impact – puisqu’un bar consomme davantage. » Imparable.

Retrouvez le site du bar pour les infos pratiques.

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Retrouvez l’article “Le compostage collectif prend ses quartiers” dans la 8ème édition d’UP le mag

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