Vous habitez la région parisienne, vous trouvez que les produits du terroir importés d’une autre région sont chers et vous souhaitez vous dégoter des rillettes ou un saint-nectaire fermiers bon marché ? La plateforme « Péligourmet » propose de vous mettre en relation avec des passionnés qui peuvent en chercher pour vous et vous les rapporter à leur retour de voyage.

Chaque week-end, elle profite de son déplacement en Bretagne pour toquer à la porte d’un ostréiculteur qu’elle apprécie. Originaire de la région, Nadège récupère quelques douzaines d’huîtres par semaine et les ramène à Paris, où elle vit. Sur place, le lundi, elle donne rendez-vous aux clients qui lui ont commandé, au préalable, ce produit de la mer – « Ils sont deux ou trois en général toutes les semaines. »

C’est grâce au site Péligourmet, lancé en septembre dernier, que Nadège a décidé de jouer les intermédiaires entre le producteur et les consommateurs. Cela se passe toujours de la même manière. Elle annonce qu’elle retourne en Bretagne et, en hiver, durant la saison des huîtres, les utilisateurs franciliens de la plateforme peuvent lui adresser une commande en ligne. Quand il n’y a pas d’huîtres, elle se propose d’acheter, par exemple, du fromage de chèvre.

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Pelicabs et péligourmets

Sarah, autre fidèle de Péligourmet, se procure également du fromage quand elle retourne en Touraine, de temps en temps. « Je connais un bon producteur qui élève des chèvres et je suis ravie que des personnes découvrent son fromage. » Depuis que l’activité a été lancée – au départ, via un groupe Facebook qui regroupe plus de 740 personnes, “les amis de Péligourmet” –, les membres de la communauté ont déniché 52 producteurs, situés un peu partout en France. Mais on les retrouve « surtout en Bretagne ou en Touraine », rapporte Laure Le Jossec, l’une des co-fondatrices du site.

Chaque consommateur – ou « péligourmet » dans le jargon – paye lors de la commande en ligne une somme comprenant le prix du produit ainsi qu’une commission pour Péligourmet, qui s’élève à 15 % du tarif. L’utilisateur peut aussi débourser une petite somme (jusqu’à 10 % du prix) pour la personne qui se charge de l’achat groupé – que l’équipe nomme « pélicab » – mais ce remboursement de frais de transport est facultatif. Nadège et Sarah affirment ne pas en demander, elles assurent ne pas vouloir « gagner de l’argent » en faisant du co-voiturage de produits de terroir.

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Valoriser le circuit court

Du coup, qu’est-ce qui les motive à ramener tous ces bons produits ? N’est-ce pas trop encombrants et n’y-a-t-il pas de souci d’odeur ? Sarah fait non de la tête : « Je mets le tout dans une glacière et me déplace en voiture… » Pour elle, l’important est ailleurs. Elle, qui aime « aller à la ferme et discuter », apprécie mettre en valeur « des produits fermiers assez bon marché, moins chers qu’à Paris ».

Nadège, qui met également en avant les produits alimentaires de sa région avec plaisir, embraye : « C’est agréable de constater que les gens, qui commandent des huîtres ou du caramel au beurre salé, ont les même goûts que moi ». Ces “pélicabs” rendent donc tout simplement service aux consommateurs, et, en même temps, soutiennent les petits producteurs locaux, en favorisant, à leur niveau, le développement de circuits courts. La plupart du temps, elles en profitent aussi pour découvrir quelques merveilles de la gastronomie française…

Pour l’instant, les points de retrait ne se trouvent qu’à Paris – mais ça pourra évoluer, en fonction des propositions des “pélicabs”.

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Retrouvez l’article “Vous prendrez bien une petite mousse” dans la 6ème édition d’UP le mag

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