Près de Romans-sur-Isère, la capitale française de la chaussure, la société Insoft a mis au point une basket fabriquée à partir de bouteilles en plastique recyclées. Eco-conçue et design, cette chaussure révolutionnaire court déjà vers le futur.

Après avoir passé 30 ans à imaginer des chaussures pour les autres (Salomon, Aigle, Lafuma, Millet), Patrick Mainguené a finalement sauté le pas en créant en 2011 sa propre société de production puis sa marque, Soft-In, de souliers respectueux de l’environnement et à la pointe de l’innovation.

De son atelier de fabrication, basé près de Romans-sur-Isère dans la Drôme, est d’abord sorti un chausson, imaginé avec le designer Patrick Marguerie. « Notre idée de départ : créer un produit sain pour l’individu et pour la planète, revendique Patrick Mainguené. Pour cela, nous avons imaginé un produit mono matière, à partir d’un feutre recyclé qui n’intègre aucune substance nocive pour l’homme. La semelle est quant à elle cousue par ultrason, et ne nécessite donc ni colle ni PVC. »

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Ector, une révolution française

Softin

Ector est composé d’une tige mono matière recyclable et recyclée, une semelle en caoutchouc recyclée, des lacets en polyester recyclé et de la colle sans solvant.

Il court, il court le progrès chez Soft’In. Récemment, un modèle de baskets encore plus innovant, dénommé Ector, a été créé. Il s’agit de « la première chaussure écotricotée en France », se félicite Patrick Mainguené qui a consacré deux ans, avec une designer graphique, à son élaboration. « Tout le dessus de la chaussure est tricoté à partir d’un fil issu de bouteilles en plastique », détaille ce fils de bottier. Made in France oblige, la société chargée du tricotage est basée à Saint-Etienne, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Une entreprise centenaire dont Patrick Mainguené a souhaité « mettre en valeur le savoir-faire ».

Présentée au Salon du Made in France, qui s’est déroulé du 18 au 20 novembre 2016, Ector a fait l’unanimité auprès des consom’acteurs. Car, si ces baskets sont confortables et légères, elles sont aussi vegan (elles n’utilisent pas de matières premières d’origines animales) et recyclables. En fin de vie, on peut séparer la chaussure en deux parties : le dessus est retransformé en fil à tricoter et la semelle est broyée puis réintégrée à un mélange qui permettra d’en refaire une nouvelle.

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Dans la course

« Nous ne sommes pas les premiers à avoir utiliser la technique du tricotage. Aujourd’hui, de grandes marques y ont recours. Et pour cause, en n’utilisant qu’une seule matière, on supprime les opérations de découpe pour finalement réduire les coûts de production », souligne Patrick Mainguené.

En 2013, Nike a sorti ses baskets en chaussettes tricotées pour coureurs. Quant à la revalorisation des déchets, Adidas a présenté mi-novembre ses premières chaussures de sports écolos, réalisées à partir de filets de pêche recyclés. Une édition pour le moment limitée qui vaut tout de même 200 euros.

SoftIN

La marque Soft’In, quant à elle, a déjà pré-vendu 200 paires d’Ector sur Ulule. Les 50 premiers financeurs du projet ont pu commander leurs baskets pour 75 euros, dans différents coloris : bleu uni, noir et blanc, rouge et jaune, vert et jaune. Une fois commercialisées, les baskets Ector seront vendues 99 euros.

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