Inventée par deux étudiants, Deaftab est une petite technologie qui pourrait changer la vie de milliers de personnes. Cette tablette, qui ressemble à un imposant smartphone, permet aux malentendants de percevoir les sons et d’être prévenus si une alarme retentit.

Quentin Wavelet logeait dans un hôtel pendant ses vacances avec sa famille quand l’alarme incendie a retenti pour un exercice d’évacuation. Tous les clients ont évacué le bâtiment, sauf une personne sourde. « Ça a été le déclic, révèle le jeune landais alors âgé de 17 ans. Je me suis rendu compte que dans beaucoup de lieux – hôtels, restaurants, écoles, etc. – pratiquement rien n’était prévu pour alerter les personnes malentendantes. » En Terminale S option Sciences de l’ingénieur (SI), au Lycée Victor Duruy de Mont-de-Marsan, il se met en tête de concevoir un objet qui n’émettrait pas des sons mais des vibrations. Deaftab était né.

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Un projet commun…

Dès l’été 2015, Quentin Wavelet s’associe à ses camarades de classe, Benjamin Massoteau pour sa conception et Cécile Larrazet pour la communication. Leur but : construire un objet de la taille d’un smartphone qui alerte son propriétaire lorsqu’une alarme sonne. « Par son utilisation très simple, la Deaftab peut être utilisée par le plus grand nombre, aussi bien par les enfants que par les personnes âgées », ajoute Quentin.

Deaftab est encore un prototype

Le premier prototype de Deaftab. @Deaftab

Comment ça marche ? Il faut d’abord poser un émetteur contre l’objet que l’on veut entendre (une sonnette, un four, une alarme, etc.). Cet émetteur va être programmer pour reconnaître la fréquence du son émis par l’objet. Quand il la capte, il envoie un signal à la tablette qui va alors vibrer et afficher le pictogramme correspondant. « Les émetteurs et la tablette communiquent par des ondes radio, toutes encodées pour éviter les interférences », précise-t-il.

Aujourd’hui, Benjamin ne fait plus partie du projet, et c’est avec Tony Duong que Quentin Wavelet continue de peaufiner son dispositif. Tous les deux en première année d’IUT électronique et informatique, ils souhaitent diminuer la taille de Deaftab et la rendre plus design. « Car pour le moment, elle ressemble plus à un gros cube pas vraiment ergonomique », sourit Quentin.

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…et plein d’avenir

« Nous souhaiterions commercialiser le projet, mais la date reste encore très incertaine (au plus tôt fin 2018) du fait de nos études respectives qui nous prennent une grande partie de notre temps, explique Cécile Larrazet. Cependant, nous pouvons assurer une chose : elle sera accessible financièrement. » La tablette ne coûterait en effet pas plus de 60€. « Nous savons qu’adapter un environnement à une personne en situation de handicap peut très vite coûter cher, et notre but premier est d’aider des personnes à vivre avec le moins de difficultés possibles », assure la jeune fille.

Les concepteurs de Deaftab

Quentin Wavelet et Tony Duong ont terminé premiers parmi les projets français sélectionnés à la Google Science Faire, en 2015.  Ils comptent à présent déposer un brevet pour participer au concours Lépine de 2018. @Deaftab

Les appareils auditifs sont réservés à une minorité de personnes, en raison de leur coût élevé. Or, selon l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), le nombre de Français concernés par un handicap auditif s’élève à plus de cinq millions, dont 303 000 ont une déficience auditive profonde ou totale. S’il réussi à intégrer le marché, Deaftab pourrait bien changer leur vie.

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Retrouvez l’article “Les objets connectés ont une dimension sociale” dans la 7ème édition d’UP le mag

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