Depuis quelques années, le secteur de l’énergie solaire connaît une véritable accélération. Rentable, renouvelable et créatrice d’emplois, cette lumineuse source de carburant est cependant peu prisée des particuliers. La loi sur la transition énergétique, qui prévoit son déploiement à l’horizon 2023, appuiera-t-elle son ascension ?

Face aux enjeux écologiques, des entreprises innovent et s’engagent. Certaines ont ainsi misé sur l’énergie solaire pour construire un avenir plus radieux. En Gironde, par exemple, un hypermarché s’est doté de 3 500 m2 de panneaux photovoltaïques sur son toit, alimentant directement le magasin. Une révolution qui permet avant tout de faire des économies sur la facture énergétique.

Dans les Bouches-du-Rhône, un ancien ingénieur reconverti en cuisinier a ouvert le premier restaurant où la cuisson des aliments fonctionne grâce à l’énergie solaire. « L’innovation n’arrête pas ! », se réjouit Richard Loyen, délégué général d’Enerplan, le syndicat des professionnels de l’énergie solaire.

Pour autant, l’invention récente qui a donné le plus d’éclat à l’énergie solaire, est sans nul doute Solar Impulse 2. Un avion électrique, inventé par l’aéronaute Bertrand Piccard et le pilote André Borschberg, avec pour seule source d’énergie des panneaux photovoltaïques. Atterri le 6 juillet 2016, à Abu Dhabi, il a bouclé son tour du monde après 15 mois, soit plus de 500 heures de vols, réparties en 17 étapes. « Ce projet est la preuve que les technologies propres peuvent accomplir l’impossible », soutient Bertrand Piccard.
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Inconvénients

Mais, si son succès communicationnel est indéniable, l’avion propre a-t-il permis de révolutionner l’utilisation de l’énergie solaire ? Pas si sûr. En France, la part du solaire dans la production d’électricité est de seulement 1,6%, toujours dominée par le nucléaire, le pétrole, le charbon et le gaz. Plusieurs raisons freinent encore son développement : sa variabilité due au caractère variable (mais prévisible) de l’ensoleillement, le coût des installations, et le besoin d’espaces, car il faut savoir que les installations solaires photovoltaïques au sol nécessitent encore de grandes surfaces disponibles.

La part du solaire dans la production d’électricité est de seulement 1,6 %. Celle-ci est toujours dominée par le pétrole, le charbon et le gaz.

Hier en plein boom, le marché du résidentiel s’est quant à lui éteint. « Les particuliers ont aujourd’hui des réticences à s’équiper de panneaux photovoltaïques », constate Richard Loyen. Il met en cause des problématiques d’éco-délinquance : « Au niveau des tarifs d’achat de l’électricité solaire, il n’y avait jusqu’à présent aucune exigence. N’importe qui pouvait faire l’installation. Cela a laissé la porte ouverte à des entrepreneurs mal intentionnés qui ont vu la ruée vers le photon comme une ruée vers l’or. » Depuis l’État a régulé le marché.

Convaincre de nouveaux consommateurs

L’énergie solaire a beaucoup d’avantages. « Elle est inépuisable, gratuite et peu polluante puisqu’elle n’émet pas de gaz à effet de serre lors de la production d’énergie », explique Anne-Claire Faure, chargée de projet photovoltaïque et réseaux au sein de l’association Hespul, spécialisée dans le développement des énergies renouvelables.

L’énergie solaire thermique permet quant à elle d’assurer une partie des besoins en eau chaude sanitaire et chauffage. De quoi réaliser des économies conséquentes. Enfin, si le coût de l’installation de panneaux photovoltaïques reste un investissement important, qui continue de diminuer, avec les aides financières et la vente de l’électricité auprès de divers fournisseurs, cette installation se rentabilise en quelques années.

Une réelle impulsion

Autant de valeurs ajoutées qui ont fini par convaincre l’Etat de soutenir lui-même cette filière. « La loi sur la transition énergétique a mis du temps à aboutir, mais aujourd’hui les objectifs en déploiement de l’énergie solaire sont clairs et encourageants », approuve Richard Loyen. D’ici 2023, la France s’est ainsi engagée à installer 18,2 gigawatts de photovoltaïque au lieu de 6,2 aujourd’hui, et créer 30 000 emplois dans la filière.

“La loi sur la transition énergétique a mis du temps à aboutir, mais aujourd’hui les objectifs en déploiement de l’énergie solaire sont clairs et encourageants”

De plus, selon la règlementation thermique qui entrera en vigueur en 2020, tous les bâtiments neufs devront être positifs et produire davantage d’énergie qu’ils n’en consomment. Et pour devenir producteur net d’énergie, « le moyen le plus simple, le plus robuste et le moins cher à mettre en œuvre, c’est bien le photovoltaïque », estime Richard Loyen.

« Quand j’ai initié le projet Solar Impulse en 2009, je voulais avant tout montrer que l’on peut gérer autrement la politique énergétique de notre monde, se souvient Bertrand Piccard. Cet avion est un symbole du changement plus qu’un engin technologique. » Aujourd’hui, la transition est en marche. Et l’énergie solaire semble avoir de beaux jours devant elle. « Tant que le soleil brille encore, le photon n’est pas mort », conclut Anne-Claire Faure.

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Retrouvez l’article “Ralentir le réchauffement climatique” dans la 9ème édition d’UP le mag

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