Après une couverture médiatique dense de la COP21, à Paris, en décembre 2015, la COP22 débute. Du 7 au 18 novembre 2016, Marrakech sera le centre des attentions du monde entier sur le devenir de la planète. Ou en tout cas devrait.

Marrakech, ville phare du royaume du Maroc accueille actuellement un grand nombre de représentants du monde entier. Pourquoi ? La COP22. Oui, après la COP21, conclue le 12 décembre 2015 par l’adoption d’un accord, il est temps de se pencher sur les moyens de lutte contre le réchauffement climatique.

L’Accord de Paris, c’est quoi ?

En décembre 2015, à Paris, 195 pays sous la présidence de Laurent Fabius (qui a depuis passé le relais à Ségolène Royal), adoptaient un accord à l’unanimité. Un objectif : lutter contre le réchauffement climatique et le limiter « bien en deçà de 2°C ».

Le texte donne des directives sur le financement de politiques climatiques. Ainsi, 100 milliards de dollars sont promis chaque année par les pays du Nord pour aider ceux du Sud.

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Un accord critiqué, mais pourquoi ?

Il y a quasiment un an, Marion Richard estimait sur Francetv Info que « cela donne une visibilité aux pays en développement ». Mais pour la chargée de mission Climat et Territoires au Réseau Action Climat, le texte est « beaucoup trop vague sur la question de l’adaptation » des pays, au niveau des infrastructures et de leurs actions concrètes.

Autre point litigieux : la réalisation des objectifs. D’après les experts, la température augmenterait de 2,7°C d’ici 2100, et non les 1,5°C prévus par l’accord, et ce, même si les pays respectaient leurs engagements. C’est pourquoi le texte prévoit, dans son article 14, une révision tous les cinq ans des plans nationaux de réduction des gaz à effet de serre, à partir de 2025.

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On en est où de l’Accord de Paris ?

En octobre dernier, à Marrakech, Salaheddine Mezouar, le président de la COP22, soulignait l’importance à ratifier, accepter, approuver ou adhérer l’Accord de Paris pour le plus grand nombre de pays avant la tenue de la COP 22. « Il est également question d’encourager les parties à annoncer, à l’occasion de la COP22, la mise en œuvre rapide de leurs Contributions Déterminées au niveau National (CDNs), et éventuellement un rehaussement de leurs ambitions », a-t-il indiqué fin octobre, au Maroc.

A ce jour, sur les 195 pays signataires de l’Accord de Paris, ils sont 92 à être allés « au bout du processus » annonçait la semaine dernière Ségolène Royal, la ministre française de l’Environnement et de l’Energie, et qui plus est présidente de la COP21. Ainsi, l’accord est entré symboliquement en vigueur vendredi 4 novembre 2016.

La COP22, « COP de l’action » ?

Logo de la COP22. Crédit photo : COP22

Logo de la COP22. Crédit photo : COP22

La « COP de l’action ». « Ce sont les mots du président de la COP22 » précise la sénatrice française du Val-de-Marne Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Esther Benbassa, en nous rapportant la formule. Elle ajoute : « à Marrakech, l’enjeu n’est plus d’arriver à la signature d’un accord. La COP22 doit surtout permettre de poursuivre la ratification de l’Accord de Paris. L’enjeu n’est pas moins important, pourtant il est beaucoup moins médiatisé ».

Pour Andrew Steer, directeur général du World Resources Insitute, à Washington, « l’Accord de Paris nous mènera là où nous devons aller ». Pour ce spécialiste, « ce n’est pas une question de gouvernement à gouvernement. Le secteur privé a son importance mais n’est pas uni sur ces sujets. Mais si vous allez voir du côté du secteur financier, certaines entreprises commencent à faire les choses différemment. » Des attentes nombreuses, notamment pour les moyens déployés pour appliquer les engagements pris, que ce soit autant au niveau financier que technologique.

Va-t-on aborder la question des réfugiés climatiques ?

Ainsi, lors d’une conférence de presse en ligne sur les enjeux de la COP22, le général américain Stephen Cheney pose la question des migrations : « au Bangladesh, que va-t-il se passer d’ici 20 ou 30 ans ? Où iront les populations ? Même interrogation en Afrique où la côte ouest est en train de s’enfoncer dans les eaux ». La question d’un statut juridique des réfugiés climatiques n’est pas nouvelle pour Esther Benbassa. « 26 millions de personnes sont déplacées chaque année à cause de catastrophes écologiques. Aujourd’hui, ils sont trois fois plus nombreux que les réfugiés de guerre d’après la fondation Nicolas Hulot » expose-t-elle à UP le mag.

Après diverses initiatives, dont l’action de la sénatrice peu avant la COP21 en faisant adopter une résolution par le sénat, rien de concret n’en est ressorti. D’après elle, « le texte de l’Accord de Paris ne donnait toujours pas de statut juridique aux déplacés environnementaux. Il mentionnait tout juste la nécessité de la mise en place de démarches intégrées propres à prévenir et réduire les déplacements de populations liés aux effets néfastes des changements climatiques. Il n’y a pas à ce jour de raisons réelles de penser que la COP22 amènera des avancées sur la question des déplacés environnementaux ». Pour autant, un comité de l’ONU constitué après la COP21 travaille sur le sujet, mais « les travaux ne sont pas encore assez avancés pour être pris en compte à la COP22 », conclut Esther Benbassa. Affaire à suivre.

“Le temps de l’Action”, c’est ainsi que le Maroc définit cette COP22, lancée le 7 novembre 2016. Source : YouTube

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Retrouvez l’article “Nos déchets : un défi pour les villes” dans la 11ème édition de UP le mag

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