C’est une affaire qui roule depuis 1973. A la vue de cette date, on a du mal à y croire ! Et pourtant, c’est au cœur de Brooklyn que cette coopérative permet d’imaginer l’alimentation, mais aussi la société autrement. Rencontre avec un ovni étasunien !

Un lieu en plein Brooklyn qui permet d’acheter une nourriture plus saine, moins chère et parfois en lien direct avec les producteurs… Cet endroit existe depuis 1973, et le réalisateur Tom Boothe a décidé de nous le faire découvrir sur grand écran.

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« Nous étions franchement anticapitalistes »

Une vue de l'intérieur de la coop. Crédit photo : Lardux Films

Une vue de l’intérieur de la coop. Crédit photo : Lardux Films

Park Slope Food Coop est né durant les mouvements hippie, pacifiste, féministe et anti-consommation. Joe, un des fondateurs, reconnait devant la caméra : « nous étions franchement anticapitalistes », on se disait « ils verraient que c’est amusant de travailler la coop », que ce ne serait pas difficile à gérer … mais en fait non ! » Il a fallu inventer tout un processus de droits et de devoirs pour développer ce supermarché.

Pour y faire ses courses, la règle est de travailler au fonctionnement de la coop durant deux heures et quarante-cinq minutes par mois. Un succès puisqu’elle compte aujourd’hui 16 000 membres. Une forme de socialisation qui permet d’aller au-delà de ses cercles habituels, puisqu’on y retrouve les mêmes personnes une fois par mois. Pour autant, aucune pression : « Tu peux être aussi social ou antisocial que tu veux » précise une adhérente dans le film.

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Du bio accessible

Evidemment, ce supermarché un peu hors du commun propose des produits bio, des sélections un peu plus fines comme pour le fromage, mais aussi des alternatives non-bio pour les produits trop chers. Une manière aussi de privilégier le pouvoir d’achat du consommateur et surtout lui laisser le choix. L’attitude écoresponsable est partout. Les fruits et légumes non achetés finissent au compost. Les emballages, comme pour les œufs, sont recyclés.

Le mérite de ce documentaire, en plus de présenter une initiative assez extraordinaire, est de poser la question de l’accès à l’alimentation. Avec une membre du mouvement « Alimentation et justice » (Food and Justice Movement en anglais, ndlr), la caméra fait découvrir la cherté des supermarchés et le manque de qualité des aliments, même dans les épiceries de quartier.

Un laboratoire sociétal

Un membre devant la coop, en train d'expliquer sa vision de l'initiative. Crédit photo : Lardux Films

Un membre devant la coop, en train d’expliquer sa vision de l’initiative. Crédit photo : Lardux Films

Mais en plus de cet accès à une alimentation plus saine, fait déjà exceptionnel pour une grande ville américaine, la coop est aussi un véritable laboratoire de société. Une fois adhérant, vous êtes également propriétaire du supermarché et donc responsable de ce bien commun.

Concrètement, cela veut dire qu’il y a une logistique commune, mais aussi un système de « justice » propre aux membres de la coop. Cette envie de faire les choses autrement se traduit aussi par le débat. Ses membres se remettent sans cesse en question. Ils cherchent à améliorer le concept mais aussi à rester proches de leurs convictions personnelles.

La valeur du travail n’y est pas monétisée. On y débat sur la suppression ou la prévention des sachets en plastique… Enfin, dernier élément et pas des moindres, cette fameuse food coop pose la question de mixité sociale à travers l’alimentation et ce nouveau système. Une problématique qui n’est pas seulement américaine.

À retrouver en salles dès le 2 novembre. Plus d’informations sur le site du film.

Ci-dessous, la bande-annonce du film. Source : YouTube

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