L’économie sociale et solidaire (ESS) est une manne en constante progression. Si l’État a un œil sur la filière, des organisations n’ont pas attendu les pouvoirs publics pour agir. Exemple avec Enactus.

Vous avez envie de vous lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat social ? Avant de vous jeter à l’eau, il faut d’abord se poser les bonnes questions, et évaluer les risques de votre projet. L’ESS pèse de plus en plus lourd dans l’économie. La filière représentait, en 2015, 6 % du produit intérieur brut (PIB). Elle dégage en outre des bénéfices bruts estimés à 100 milliards d’euros et embauche plus de 12 000 personnes chaque année (source: CNCRESS).

En 2014, l’ex-ministre délégué à l’Économie sociale et solidaire Benoît Hamon présente une loi prévoyant un soutien de la banque publique d’investissement (BPI) aux entreprises sociales et solidaires de 500 millions d’euros. Une loi qui comprend aussi la création d’une chambre française de l’ESS qui arbitrerait les conflits et régulerait globalement le secteur.

Le Groupe SOS présente une série de vidéos sur la méthodologie à connaître pour fonder son entreprise sociale :

Enactus, la main tendue vers l’ESS

« On apprend peu à être entreprenant et au service de la société pendant nos études », regrette Aymeric Marmorat, directeur exécutif de l’association Enactus. Créée en 2002, l’organisation permet aux jeunes d’acquérir « un certain sens de l’engagement » et pousse les futurs jeunes entrepreneurs sociaux à créer leur structure via un processus d’accompagnement sur la durée. L’association intervient, accompagné d’enseignants et de professionnels, dans des établissements de l’enseignement supérieur pour y développer des projets d’entrepreneuriat.

Des jeunes prêts à s'engager dans l'ESS / Crédit : Enactus

Résultat, plusieurs entreprises sociales ont été créées : “Rodrigues“, de l’École polytechnique de Paris, veut accompagner l’artisanat féminin sur l’île Rodrigues ; Cycl’Up, de Centrale-Supélec, a élaboré une plateforme de vente en ligne d’objets recyclés ; et Open’Car, de l’IAE Grenoble, propose un système de covoiturage local pour les Grenoblois.

Les jeunes, c’est un pari sur l’avenir, « des graines que l’on sème », estime Aymeric Marmorat. Enactus répond à une possible peur chez les étudiants de se lancer dans le grand bain de l’entrepreneuriat social et solidaire. « Mais c’est en train de changer, car il y a tout un travail qui est fait pour démystifier l’entrepreneuriat », affirme le dirigeant qui veut « créer le déclic et accompagner les premiers pas du lancement d’un projet entrepreneurial ».

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Entrepreneurs sans frontières

L’association organise, par ailleurs, une compétition annuelle pour récompenser le meilleur projet. « C’est une plateforme d’innovation et de démonstration de ce que les jeunes entreprennent aujourd’hui », rappelle le directeur de l’association. L’idée ? Développer l’esprit d’équipe (les projets présentés étant « collectifs ») et créer des réseaux entre les étudiants et les entreprises.

L’association est présente dans 36 pays. Elle a organisé une « World Cup » qui rassemble près de 4 000 personnes. « Ils sont de toutes cultures, de toutes confessions religieuses. Il y a une vraie diversité dans ce que le monde fait de meilleur », se félicite le directeur. Le tout, dans un échange de compétences entre jeunes et moins jeunes, assurant la durabilité et la bonne santé du secteur.

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Retrouvez l’article “Comment monter son entreprise sociale ?” dans la 9ème édition d’UP le mag

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