Des structures s’engagent pour que les jeunes de 3ème issus de quartiers défavorisés obtiennent un stage, en activant leur réseau professionnel ou en faisant de l’accompagnement sur la durée.

Le collège est une section où l’on est éloigné des considérations professionnelles. Partant tout de même du principe qu’il faut concerner ces jeunes au plus tôt, les établissements leur proposent de s’immerger dans la vie d’une entreprise via un stage au cours de l’année de 3ème.   Mais pourquoi faire ? Tout d’abord, un stage permet d’engranger de la confiance en soi et d’acquérir les premiers codes du fonctionnement d’une entreprise. Il permet aussi d’explorer la vraie réalité d’un métier. Enfin, c’est le début de la constitution d’un vrai carnet d’adresses.

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Des assos s’engagent

Quand on ne “connaît” personne, il est parfois complexe de se façonner un cercle professionnel. Pourtant, les réseaux sociaux y aident. Les amis de la famille le peuvent aussi, de même qu’une éventuelle association d’anciens élèves du collège.

Partant de ce constat, les élèves ont-ils tous les mêmes chances au départ ? « Cela dépend de la classe sociale de l’élève », affirme Hafid Rahmouni, responsable de l’association « Un stage et après » qui accompagne les élèves de 3ème issus des quartiers difficiles. « C’est sûr qu’un jeune d’un quartier huppé va avoir plus de facilité à trouver son stage qu’un fils d’ouvrier », poursuit-il, avant d’ajouter, « qu’un stage n’a aucune utilité si il n’est pas accompagné ». De l’identification des aptitudes de l’élève jusqu’à son entrée dans une structure pour 5 jours, « un stage et après » espère aussi lutter contre le décrochage scolaire.

Sami stage europe 1

Dans la même veine, l’association « Viens voir mon taf » permet à des jeunes de REP (réseaux d’établissements prioritaires) de décrocher un bon stage. Virginie Salmen, journaliste à Europe 1, Gaëlle Frilet, professeure d’anglais, et Mélanie Taravant, journaliste à France 5, ouvrent leur réseau à des jeunes qui n’en ont pas. Le principe : un collégien intéressé par une offre de stage postule avec l’appui de l’association. « L’idée était de casser les frontières, affirme Mélanie Taravant. Et notamment entre les banlieues et les centres-villes, les catégories socio-professionnelles favorisées et celles qui ne le sont pas ».

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Déconstruire les préjugés

Selon l’association, deux élèves sur trois en ZEP (zone d’éducation prioritaire) ont des parents inactifs ou ouvriers aux réseaux professionnels très limités. « Ce stage de 3ème est la première rencontre avec le monde professionnel pour ces enfants. Un élève dont le père côtoie des avocats, des médecins du fait de son métier va avoir plus de contacts qu’un gamin dont le père n’a pas de travail », poursuit Mélanie Taravant.

La candidature acceptée, l’équipe de l’association accompagne le jeune tout au long de son stage. L’association contribue à déconstruire les préjugés qu’aurait le stagiaire sur l’employeur. « C’est important de leur montrer que le milieu adulte – comme professionnel – peut être intéressant. L’image qu’on peut avoir des adultes quand on est petit est rigoriste », explique Mélanie Taravant.

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Retrouvez l’article “S’engager dans les quartiers” dans la 11ème édition de UP le mag

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