La start-up Wemind propose de fédérer les travailleurs indépendants pour accéder aux mêmes avantages que les salariés. Comment ? En négociant grâce au principe de l’achat groupé mais aussi en actionnant un levier de solidarité entre freelances.

« Hey Freelance, tu mérites les mêmes avantages que les salariés ! », peut-on lire en gros caractère sur la page d’accueil du site de Wemind. Alors que leur nombre a augmenté de 26% en France entre 2006 et 2011, les travailleurs indépendants ne représentent pourtant qu’une personne active sur dix, selon une enquête de l’INSEE. Si la liberté, l’autonomie et l’épanouissement poussent de plus en plus de Français à devenir freelances, les galères administratives peuvent en refroidir certains.

Pour Émilie, SEO et content manager indépendante, la situation des freelances est toujours bien plus précaire que celle des salariés : « Les freelances sont utiles aux entreprises et coûtent beaucoup moins cher mais n’ont pas d’avantages pour autant. »

« Le problème le plus ennuyeux est celui du logement. On demande à un freelance de justifier plusieurs années d’activité, donc quand on ne les a pas ou qu’on a eu des revenus fluctuants, c’est compliqué », affirme Hind Elidrissi, co-fondatrice de Wemind. « Les indépendants ont aussi une protection sociale complètement dégradée. Leurs mutuelles, en général, les couvrent beaucoup moins que les salariés, voire pas du tout en cas d’arrêt maladie », dénonce celle qui a emprunté le chemin de entrepreneuriat en 2014.

À lire aussi : Des conseils pour monter votre start-up

Une start-up qui rassemble

Pour faire bouger les lignes, Hind Elidrissi décide, avec Mikaël Uzan, de fédérer tous les freelances pour pouvoir négocier la même chose que pour les salariés. Grâce au bouche-à-oreille, la start-up Wemind réunit aujourd’hui 5 000 indépendants. Au programme : créer une « vraie » mutuelle, mettre en place une garantie « loyer impayé » pour rassurer les propriétaires et proposer le premier comité d’entreprise des freelances.« On va faire de l’achat groupé pour avoir des places de cinéma moins chères, des billets pour des parcs d’attraction, des réductions pour l’achat de matériel professionnel…», détaille l’entrepreneure.

Les deux fondateurs de Wemind, la start up qui fédère les freelances.

Hind Elidrissi et Mikaël Uzan, les deux fondateurs de Wemind.

Judith, graphiste indépendante, apprécie beaucoup que la start-up connaisse son statut, « ce qui n’est pas le cas de la plupart des organismes de santé ». Pour Émilie, « c’est une initiative qu’on ne peut que saluer ».

À lire aussi : Pas de bureau ? Aller travailler chez l’habitant.

Vers une avancée sociale ?

Si les services ne sont pas encore lancés, Wemind (dont l’adhésion est gratuite et sans engagement) espère terminer les négociations cet automne. « On est en train de créer le service. Le plus complexe, c’est le logement. Les membres de Wemind vont bénéficier d’une garantie financée par la communauté », estime Hind Elidrissi, fière d’instaurer un principe de solidarité qui permet aux membres de se protéger entre eux.

Enfin pour la co-fondatrice, « la situation des freelances ne peut que s’améliorer ». « Mais encore faut-il qu’ils s’organisent pour que les choses changent. » Rappelant au passage que « les droits sociaux ne sont jamais portés par l’Etat, mais d’abord liés à des initiatives populaires », elle ajoute : « Si notre projet est repris un jour par l’Etat, c’est qu’on a réussi. »

up91Ce sujet vous intéresse ?

Retrouvez l’article “Comment monter son entreprise sociale ?” dans la 9ème édition d’UP le mag

-> Découvrir le sommaire et le numéro
-> Abonnez-vous pour recevoir ce numéro ou achetez-le dès maintenant !

Info inspirante ?
Avis des lecteurs 5 Avis

Commentaires