Construire soi-même, c’est une tendance qui ne date pas d’hier, mais remise au goût du jour, par Maker Box notamment. Cette agence veut redonner ses lettres de noblesse au « Do It Yourself », afin que le consommateur joue un rôle de choix dans l’acquisition de son produit.

Connaissez-vous les Fab Labs ? Ces ateliers où sont mises à disposition toutes sortes d’outils pour y fabriquer ses propres objets. On en compte un peu plus de 50 en France, d’après une étude de l’agence We Are Social. Les Fab Labs, c’est un peu la traduction concrète et matérielle du mouvement des makers, ayant comme philosophie que n’importe qui peut inventer et innover, donc transformer le monde. Le mouvement des makers n’est pas qu’un simple courant de pensée éphémère, c’est une vraie philosophie.

Un journal, un concept

Le journal Usbek et Rica, créé et dirigé par Jérôme Ruskin, a saisi l’opportunité d’explorer à fond le mouvement. C’est ainsi que ce dernier a créé, avec Matthieu Vergote, les « Maker Box », des boîtes qui fourmillent d’outils pour réaliser soi-même des objets dans des ateliers dédiés. Acheter une box vous permet d’accéder à une activité « de fabrication personnelle », selon Matthieu Vergote. « L’idée, poursuit le directeur de projet, c’est qu’une fois la box achetée, cela vous donne accès à un atelier ». Les « ateliers », ce sont ces vastes hangars au sein desquels les « makers » confectionnent leurs objets personnalisés, accompagnés de techniciens spécialisés et de designers. « Maker box » a noué des partenariats avec certains d’entre eux, notamment à Paris, Nantes et Lyon.

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Bijou en impression 3D / Crédit : Maker Box

Ces boîtes ne sont pas très grandes, mais on y trouve de quoi construire une chaise, une lampe… et même une imprimante 3D ! Les prix se situent entre le très abordable prix de 59 euros pour des bijoux en impression 3D à 789 euros pour l’imprimante 3D, ce qui peut tout de même provoquer quelques sueurs froides à votre porte-monnaie.

Un futur en questions

A travers « Maker Box », c’est un vrai éloge de l’artisanat qui est exprimé. « On ne peut plus produire et consommer des choses qui ne racontent pas une vraie histoire, selon Matthieu Vergote. Ce que je retiens du mouvement des makers, c’est que des particuliers comme des entreprises vont accorder plus d’importance à l’objet ». Le concept veut, l’espace de quelques heures, rappeler l’existence primordiale des rôles d’apprenant et d’enseignant.

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Une noble ambition, mais qui risque d’être pervertie par l’intérêt que portent de plus en plus de grandes marques, comme constructeur Renault par exemple, qui installent des « makerspaces » dans leurs usines afin d’augmenter leur capacité d’innovation.

Des makers en pleine action ! Crédit : Maker Box

La fin de la conception artisanale du mouvement des « makers » ? Pas pour Matthieu Vergote : « Si vous vous placez du côté des gens qui veulent une autre vision de ce mouvement, un autre modèle social, c’est sûr que ça ne sent pas bon. Mais si on se place du côté de ceux qui veulent être curieux, intelligents face à ce qui les entoure, alors là pourquoi pas ? Il y a malgré tout un risque de friction entre ces deux visions opposées. Je n’applaudis pas l’appropriation de ce mouvement par l’industrie, mais je n’en ai pas peur non plus ».

Installé à Paris, Maker Box veut continuer à développer son réseau d’ateliers. « Il y a tant de savoir-faire  auxquels nous n’avons pas touché. Nous avons un champ des possibles qui est énorme », conclut Matthieu Vergote.

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Retrouvez l’article “Des fruits et des mécanos frais” dans la 4ème édition d’UP le mag

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