La consommation de produits locaux et de qualité n’est pas réservée aux plus riches ! A Lyon, et bientôt partout en France, le projet VRAC permet aux habitants des quartiers populaires d’acheter des bons produits à prix coûtant grâce à des commandes groupées.

Pendant près de 10 ans, Boris Tavernier, 34 ans, a développé les circuits courts dans un bar/salle de spectacle qu’il a monté à Lyon. Il a aussi contribué au lancement de la première Amap (association pour le maintien de l’agriculture paysanne) du coin. Cette activité lui a donné beaucoup de satisfaction, mais lui a aussi permis de constater que ces initiatives touchaient souvent un public militant et sensibilisé.

Sentant la nécessité d’élargir l’accès aux produits de qualité, l’entrepreneur dans l’ESS a imaginé en 2013, aux côtés du bailleur social EST Métropole Habitat et de la fondation Abbé Pierre, le projet VRAC (Vers un Réseau d’Achat Commun). L’initiative permet aux personnes des quartiers populaires d’accéder à des produits bio ou locaux à un moindre coût, grâce à l’achat groupé.

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Par et pour les habitants

« Les permanences de commandes ont lieu essentiellement dans les centres sociaux. Chacun peut demander les produits et les quantités qu’il souhaite. Je récupère la marchandise directement auprès des fournisseurs. Cela me permet d’avoir les produits à prix coûtant. Une fois par mois, nous organisons une distribution. Les habitants viennent avec leurs emballages et le passage du vrac au détail se fait avec eux », explique Boris Tavernier.

Vidéo de présentation du projet VRAC

L’achat direct en gros permet d’obtenir des prix très intéressants pour une quarantaine de produits différents. Par exemple, une huile d’olive bio extra vierge de catalogne revient à 5,70 € le litre. Avec des distributions dans 8 quartiers de l’agglomération lyonnaise, le projet VRAC bénéficie à environ 1000 particuliers, « essentiellement des mères de familles », selon Boris Tavernier.

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Une dimension sociale

« Avant de mettre en place les commandes, j’ai fait un gros travail de lien pour expliquer le projet », explique-t-il. En plus des distributions, des sorties auprès des producteurs ou encore des concours de cuisine avec des grands chefs sont organisés dans les quartiers. Cette initiative est aussi une manière de valoriser les territoires : « Les commandes étant ouvertes à tous, certaines personnes viennent pour les distributions dans des quartiers où ils ne mettraient normalement jamais les pieds », remarque le porteur de projet.

Vidéo du concours de cuisine organisé avec des grands chefs avril 2016

Pour se rémunérer, les salariés de VRAC s’appuient sur des financements en provenance de fondations, d’appels à projet et de remises de prix. Un bon moyen pour ne pas avoir à  se prendre de marge sur les produits. Aujourd’hui, l’équipe est en train de monter la marque VRAC, avec une convention et une formation d’accompagnement pour les porteurs de projets, pour leur permettre d’essaimer l’initiative dans toute la France. Les réseaux de Strasbourg, puis Bordeaux, rejoindront bientôt le groupement, qui compte ensuite s’élargir à d’autres villes.

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