Qui a dit que, pour créer son entreprise, il fallait absolument passer par la case “banque” ? L’Adie, une association de micro-crédit, peut vous prêter jusqu’à 10 000 euros, afin de monter votre projet. 

En 2013, il crée son entreprise sociale. Pierre Battelier, ingénieur du son, monte une société coopérative et participative, Les Petits cinéastes. But du jeu : aider des enfants à réaliser leurs propres courts-métrages grâce à des ateliers thématiques sur la production audiovisuelle.

Mais lancer la société n’a pas été une mince affaire. Pour démarrer l’activité, le co-fondateur avait besoin d’investir dans du matériel. Les banques qu’il a sollicitées ont toutes refusé, car il n’était pas « solvable », se souvient Pierre Battelier, à l’époque demandeur d’emploi.

116 000 sociétés créées grâce à l’Adie

On leur propose alors de contacter une association de micro-crédit, l’Adie, qui soutient des porteurs de projets exclus du système bancaire. Après quelques jours, la décision tombe : les Petits cinéastes ont droit à 7 000 euros, remboursables en deux ans.

Pierre Battelier n’est pas le seul à avoir pu profiter d’un coup de pouce, puisque l’Adie a aidé 18 000 personnes l’an dernier. Plus de 160 000 microcrédits ont été validés depuis sa création, en 1989, par l’économiste Maria Nowak, ce qui a permis de lancer 116 000 entreprises. L’Adie a ainsi suivi le chemin du Nobel de la paix Muhammad Yunus, qui a lancé le premier établissement de micro-crédit dans le monde, au Bangladesh. Outre 460 salariés, le réseau français bénéficie de 1 300 bénévoles.

37 % des personnes soutenues sont bénéficiaires du RSA, alors qu’ils ne représentent que 5,5% de l’ensemble des créateurs d’entreprise. Ils ne sont pas pas forcément de nouveaux “Bill Gates”, voulant « démarrer une activité innovante ou originale », explique Matthieu Barrier, directeur adjoint de l’Adie : « En revanche, ils ont pu rencontrer des difficultés professionnelles et souhaitent démarrer une activité qui leur permettra de dégager de nouveaux revenus. »

Récemment, son réseau a notamment rendu service à des des coiffeurs, des maçons ou des créateurs de sites web. Les bénévoles ciblent les personnes que les banques refusent de financer, mais n’oublient pas d’étudier leur motivation, l’avancement du projet et leur capacité de remboursement.

“Se poser les bonnes questions”

Le micro-crédit peut s’élever à 10 000 euros au maximum. Le remboursement s’effectue sous 48 mois avec un taux compris entre 6,77 % à 7,61 %. Un taux élevé mais qui n’empêche pas 93 % des demandeurs à bien rembourser leur prêt. En effet, l’Adie accompagne véritablement les porteurs de projets.

Sur le site de l’Adie…

Adie

Elle a notamment encouragé les Petits cinéastes à « se poser les bonnes questions sur l’étude de marché entre autres », souffle Pierre Battelier, qui a rapidement commencé à facturer une fois les statuts déposés pour rembourser le prêt dans les temps. « Si le demandeur n’est pas prêt de se lancer, confie Matthieu Barrier, nous n’hésitons pas à l’orienter vers d’autres structures d’accompagnement, comme BGE. »

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En revanche, s’il est opérationnel, tout peut aller très vite : « Imaginons un commerçant de maillots de bain à l’approche de l’été, propose le directeur adjoint, s’il a besoin d’une somme pour l’achat d’une camionnette, il pourra avoir son prêt rapidement. »

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