Et si le sport devenait un moyen de réinsérer les sans-abris ? À travers « Sport pour toit », l’association Viacti compte rendre le sport accessible à tous, avec, à la clef, une possible réinsertion professionnelle.

Pour Alexandre Valensi, à la tête du programme, pas question de s’arrêter aux stéréotypes. « Lorsque j’étais petit, je ne comprenais pas pourquoi des gens étaient par terre et moi debout. J’avais l’habitude de me plonger dans leur regard et essayer de comprendre leur situation. Et un jour, une dame d’un certain âge m’a insulté. Elle pensait que je leur portais un regard hautain », raconte-t-il avant d’ajouter : « Je m’étais fait une petite promesse : passer à l’action pour apporter une solution à ces personnes. Le projet a mûri dans ma tête puis je me suis engagé en service civique. Sport pour toit est né en février 2014. »

Lire aussi : Des pictos pour aider les SDF

De la remise en forme à la réinsertion

Aujourd’hui, le programme a fait son petit bout de chemin. Si le bilan des personnes réinsérées n’est pas encore disponible, « 92% des personnes ayant participé sont satisfaites » assure Alexandre Valensi. Et l’initiative est même finaliste du label « La France s’engage », une fierté pour son fondateur.

Les fondateurs du projet : à droite,  Alexandre Valensi ©Viacti

FONDATEURSPremière étape de Sport pour toit : « Donner le goût au mouvement. » Pour cela, des projections ouvertes à tous de compétitions sportives sont organisées. « On fait aussi des sorties lors d’évènements sportifs au stade par exemple. Le but est d’expliquer les bienfaits de l’activité aux personnes en situation de fragilité. Il faut savoir que les gens dans la rue sont souvent atteints de problèmes cardiovasculaires, d’où l’importance d’une pratique sportive, qui peut réduire les risques de mortalité par deux », explique Alexandre Valensi.

Une séance de projection ©Viacti

projection

En second lieu, l’association s’engage à faire « pratiquer du sport à ceux qui en sont le plus éloignés », à travers la « natation, la marche, la gymnastique douce »… Il s’agit grosso modo de les remettre en forme. « Si ces deux dernières étapes ont bien marché, on accompagne la personne vers une réinsertion liée à l’activité physique », poursuit Alexandre Valensi. En fonction des préférences, des motivations et des besoins de chacun, un emploi peut lui être proposé. Par exemple, un cycliste a pu bénéficier d’un job en tant que coursier. Des « success stories » comme celle-là, Alexandre en a sous la main. Mais le tout reste à relativiser. « Une des grandes difficultés, c’est de fidéliser les personnes de la rue. Avec les problèmes d’addiction, de santé, de communication, il est difficile de vraiment les suivre », note-t-il.

Lire aussi : Quand un média donne la parole aux exclus

Un tremplin via le sport

En réalité, le programme est une sorte de passerelle. « On ne prend pas une personne par la main en lui disant : ‘‘Viens, tu veux faire un foot ?’’ », ironise-t-il. « On travaille avec les centres médico-sociaux, qui proposent déjà un accompagnement aux personnes dans la rue. On complète juste la boucle en rendant l’activité physique plus accessible à ce public qui en a besoin. » Sport pour toit va ainsi négocier avec certains clubs un tarif spécial. Par exemple, une inscription à 100€ peut tomber à 10€. Un prix « abordable » pour les personnes à la rue, affirme le fondateur du programme.

“Pour sortir la tête de l’eau ensemble”, un des slogans du programme ©Viacti

PUB

up91Ce sujet vous intéresse ?

Retrouvez l’article “le #don à portée de clic” dans la 9ème édition d’UP le mag.

-> Découvrir le sommaire et le numéro
-> Abonnez-vous pour recevoir ce numéro ou achetez-le dès maintenant !

Info inspirante?
Avis des lecteurs 5 Avis

Commentaires