Organisées à partir de produits invendus, les Disco Soupes se sont démocratisées un peu partout en France. Que ce soit en festival ou dans la rue, le mouvement rassemble aujourd’hui plus d’une centaine de bénévoles.

Mathieu Eisinger est ce qu’on pourrait appeler un vétéran des disco soupes. Si autrefois, il en organisait à foison, il a gardé un rôle important dans le mouvement. Aujourd’hui figure paternelle de l’organisation, qui n’en est pas vraiment une, il s’occupe des mails, et lance les gens qui veulent se lancer dans l’aventure. Une de ses principales missions est de rendre le concept accessible.

« Les Disco soupes sont des repas collaboratifs en musique, le plus souvent dans la rue. On cuisine des fruits et des légumes qu’on aura au préalable récupéré des (super) marchés ou de petits producteurs. Ça dépend des régions », expose-t-il, avant de préciser : « Chaque antenne locale a son réseau d’approvisionnement préféré. A Paris on va privilégier les grandes surfaces, tandis qu’à Nantes, on s’adressera directement aux producteurs ». Le petit truc en plus de ces ingrédients ? Ce sont tous des invendus, collectés la veille ou le matin même de l’évènement. « L’objet du projet, c’est de faire de la sensibilisation au gaspillage alimentaire », rajoute Mathieu Eisinger.

infograph

Petite infographie explicative ©Disco Soupe

Un mouvement participatif

Avant d’être servis, les produits sont bien évidemment lavés. « Au bicarbonate de soude ou au vinaigre », précise le réalisateur. Ils sont ensuite disposés sur des plans de travail, et cuisinés au bon vouloir des bénévoles. « Les recettes sont inventées par les gens au fur et à mesure », fait-il valoir. Une bonne illustration du principe du projet en « open source » : tout le monde peut organiser sa Disco Soupe.

A lire aussi: Des invendus à prix cassés

« J’en ai vu une sur un festival, et j’ai trouvé ça énorme. J’ai demandé « Hey, comment on peut en faire ? » et on m’a répondu « Viens à la prochaine réunion ! ». C’est comme ça que je suis entré dans le mouvement », raconte-t-il. La seule condition, suivre les Discommandements, des petites règles pour conserver l’esprit solidaire.

Disco-mmandements

Les discommandements, ou la charte pour bien organiser son évènement ©Disco Soupe

Quid des cas qui ne respectent pas les dits commandements ? « Comme on ne veut pas tout contrôler, il y a forcément un peu de hors cadre. Le mouvement doit accepter que de temps en temps, il se passe des choses qui sortent des clous », confie Mathieu Eisinger, avant de nuancer : « ces dérives sont largement compensées par les gains qu’on peut avoir en expliquant aux gens comment faire, et en les accompagnant ».

Organisées dans 25 pays, sur 4 continents, les Disco Soupes trouvent leurs racines en Allemagne. « Les gens qui ont importé le concept en France sont tombés sur un truc qui s’appelait la « Schnippel Disco » », raconte le bénévole. 1000 personnes qui cuisinent ensemble en écoutant de la techno, un évènement « énorme ». Les Disco Soupes à la française ont cependant pris un autre chemin, « pour que tout le monde puisse en faire, tout le temps. » On n’est jamais mieux servi que par soit même !

UP51Ce sujet vous intéresse?

Retrouvez l’article “Anti-gaspillage dans les marchés de gros dans la 5ème édition d’UP le mag

-> Découvrir le sommaire et le numéro
-> Abonnez-vous pour recevoir ce numéro ou achetez-le dès maintenant !

Info inspirante?
Avis des lecteurs 1 Avis

Commentaires