Que diriez-vous d’aider une personne malvoyante sans bouger de là où vous vous trouvez ? C’est ce que propose Be My Eyes, une application qui permet aux déficients visuels de demander à des volontaires un petit coup de pouce par smartphones interposés.

En 2012, Hans Jørgen Wiberg, un créateur d’applications danois, lui-même malvoyant, comprend que les progrès technologiques peuvent aider les déficients visuels au quotidien, mais, que certaines situations requerront toujours une intervention humaine. Il décide alors de combiner technologies (chat vidéo et commandes vocales) et volontariat solidaire via une application : Be My Eyes.

« Hans constatait que les malvoyants hésitaient souvent à appeler leurs amis ou leur famille parce qu’ils avaient le sentiment qu’ils les ennuyaient trop souvent avec leurs questions », nous rapporte Christian Erfurt, PDG de Be My Eyes. « Il voulait trouver une solution pour résoudre les défis de tous les jours que doivent affronter les malvoyants, et en fin de compte, les habiliter à vivre leur vie de façon plus indépendante », poursuit-t-il.

Comment fonctionne l’application ?

Que vous soyez malvoyant ou bénévole, tout commence par le téléchargement de l’application et la création de son profil, en précisant notamment sa langue maternelle. La personne malvoyante qui souhaite, par exemple, un coup de main pour trouver le quai de son train à la gare ou connaître la date de péremption d’un produit dans son frigo, peut alors appeler un volontaire. Si ce dernier est disponible, il peut répondre à l’appel vidéo et l’aider à résoudre son problème en décrivant ce qu’il voit. S’il est occupé, l’appel se transfère vers un autre aidant.

Aujourd’hui, 340 000 volontaires se proposent d’aider 25 000 malvoyants via l’application. Une communauté d’entraide qui ne connait aucune frontière et parle plus de 50 langues ! Mais vous l’aurez remarqué, il y a bien plus de volontaires que de bénéficiaires. « On fait de notre mieux pour collaborer avec des groupes et des associations d’aveugles à travers le monde pour qu’ils se donnent le mot », explique Christian Erfurt, qui entend faire profiter au plus grand nombre de cette assistance altruiste.

  • C’était ma première fois sur Be My eyes il y a quelques minutes ! Ça m’a fait me sentir formidable ! J’espère avoir d’autres appels ! – Ebru Ünlü

Une initiative qui crée de belles rencontres

« Une des demandes marquantes était celle d’une femme qui souhaitait de l’aide pour savoir quel joueur était son fils lors d’un match de basket », raconte-t-il. « L’aidant a répondu à sa demande puis s’est mis à commenter gaiement le reste du match pour elle. Il lui a donné l’opportunité d’expérimenter autrement la compétition de son fils ».

Une belle histoire qui ne semble pas être une exception. « Beaucoup d’appels commencent par une demande toute simple et se poursuivent naturellement avec des conversations enjouées », confie le président de Be My Eyes. « Étonnamment, nos aidants sont souvent aussi reconnaissants envers le service que les malvoyants. Ils se sentent entièrement comblés après avoir répondu à une demande », affirme-t-il, ravi.

Application gratuite, disponible sur l’Apple Store (car l’Iphone est bien plus utilisé par les malvoyants), bientôt disponible sur Androïd (d’ici à l’automne 2016).

Couv_UP11_recentreeCe sujet vous intéresse ?

Retrouvez l’article “Audrey Sovignet facilite la voie(x) de l’accessibilité” dans la 11ème édition de UP le mag

-> Découvrir le sommaire
-> Abonnez-vous pour recevoir ce numéro ou achetez-le dès maintenant !

Info inspirante ?
Avis des lecteurs 8 Avis

Commentaires