Il peut paraître farfelu, mais derrière ce nom à connotation canine se cache une véritable tendance venue d’Angleterre. Le principe est simple : aider un agriculteur en échange du toit et du couvert. Après avoir conquis une partie du monde, le WWOOFing fait de plus en plus d’adeptes chez nous.

Le WWOOF – pour World Wide Opportunities on Organics Farms, soit « opportunités mondiales dans des fermes biologiques » – permet à des volontaires d’aider des agriculteurs bio en échange d’un toit et du couvert. En 1971, une anglaise du nom de Sue Coppard lance le concept. « C’est une femme qui vivait dans la banlieue de Londres, explique David Marie, président de l’association WWOOF France, elle voulait s’échapper de la ville le week-end, et a donc décidé d’aller donner un coup de main aux paysans ».

Sue Coppard donne alors naissance au WWOOF. Au début, le concept se développe dans les pays anglo-saxons avant de s’étendre au-delà. Aujourd’hui, 57 pays pratiquent le WWOOFing, dont la France !

60% de WWOOFeurs français en France

« L’association a été créée en 2007, et depuis, on constate une augmentation de 10 à 20 % chaque année », estime David Marie, avant d’ajouter : « L’année dernière, on avait 1 200 hôtes et 12 000 WWOOFeurs », Français pour la majorité.  Pourtant, il y a quelques années, on comptait autant d’étrangers que de Français. « On a un beau pays. Le WWOOFing permet à la fois de découvrir de nouvelles régions, et réduire les coûts [comparé à un départ à l’étranger] », commente le président de WWOOF France.

Pour se lancer dans cette aventure, il faut être majeur, même s’il est possible de tenter l’expérience en famille, comme certains le font. « On constate qu’il y a de plus en plus de personnes  – dont des jeunes – qui cherchent un retour aux sources, à comprendre ce qu’est le bio et aider à son développement » explique David Marie, avant d’ajouter : « Les paysans ont de petites exploitations, donc très peu de financements extérieurs. Le WWOOFing leur permet de partager leur passion, leur savoir-faire, de montrer leur vie, et d’avoir un petit coup de main … »

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Entre découverte et reconversion

Pour certains WWOOFeurs, cette expérience fait aussi partie d’un plan de reconversion. Pour l’instant, WWOOF France estime à 85% la proportion de bénévoles engagés pour la découverte, et les 15% restants dans une logique de reconversion. Pour Patrick Goater, un agriculteur de 45 ans, le WWOOFing, c’est « tout simplement travailler ensemble ». Situé à Quemper-Guezennec, en Bretagne, il choisit les volontaires « pour leur motivation et s’ils ont un projet [dans ce domaine]».

Une manière aussi d’égayer son quotidien. « Au lieu de travailler 16h par jour, j’en fait 12 », explique l’hôte, avant de conclure : « c’est plus agréable et je forme des gens qui ne pourraient avoir cette expérience ailleurs. Mine de rien, ils changent discrètement le paysage de l’agriculture ».

Le WWOOFing, vu par la rédaction de France 3

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