Après les particuliers, les flottes de taxis se tournent aussi de plus en plus vers des véhicules électriques ou hybrides. Face à la pollution des villes, les taxis propres deviennent une alternative incontournable. Zoom sur des compagnies engagées.

En marge de la COP 21, en novembre dernier, plusieurs compagnies de taxis à travers le monde s’unissaient, sous l’égide des Taxis bleus, pour se mobiliser ensemble pour le climat. Comment ? En s’engageant, via l’initiative Taxis4SmartsCities, sur des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici à 2020. Chaque société a pris l’engagement d’introduire entre 33 et 100% de véhicules électriques ou hybrides, émettant moins de 60 g de CO2 par kilomètre, lors du renouvellement de leurs flottes.

Quelques freins pour l’électrique

Conscientes de l’éveil écologique de leurs clients mais aussi de leur propre responsabilité, ces compagnies entendent aussi limiter les effets des pics de pollution urbains et accroître le confort des passagers comme celui des chauffeurs. Aujourd’hui, 1 200 taxis hybrides parcourent la capitale, dont 800 pour la compagnie G7, qui totalise déjà 3 000 véhicules verts, soit 30% de sa flotte.

Si les grandes entreprises semblent engagées, les taxis indépendants auraient plus de réserves à passer au véhicule propre, malgré des aides financières encourageantes de la part de la ville de Paris. En cause ? L’autonomie, le temps de recharge et le nombre de stations de recharges pourraient handicaper leur productivité, sans compter l’impossibilité de récupérer la TVA sur l’essence.

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L’hydrogène, une alternative ?

Toute nouvelle au bataillon, la flotte de taxis « Hype » est la première à n’être composée que de véhicules à hydrogène. Lancée en décembre par STEP (la Société du Taxi Electrique Parisien), 5 voitures sont pour le moment en circulation.

« Pour une activité de taxi, le véhicule électrique n’est pas encore aussi bien adapté. L’hydrogène permet une autonomie de plus de 500 km et de « faire le plein » en 3 minutes. Il permet un transport propre sans modifier la façon de travailler des chauffeurs », explique Mathieu Gardies, président et fondateur de la STEP. Autre avantage: les véhicules à hydrogène n’émettent aucun GES puisqu’ils ne rejettent que de la vapeur d’eau.

Le prix et le confort restent les mêmes malgré le fait que les coûts d’utilisation soient plus élevés pour la compagnie. « On pense que ce coût va rapidement converger vers le prix d’utilisation du diesel. L’enjeu est de déployer les infrastructures pour recharger et à terme, si on se projette vers une société décarbonnée, il y aura peut-être une partie en batterie et une partie en hydrogène », estime-t-il, avant de poursuivre, « mais il faut que les constructeurs accélèrent et augmentent leurs volumes de production ».

Pour l’heure, le démarrage s’annonce bien et 7 autres véhicules seront livrés cet été. « Les clients et les chauffeurs sont convaincus », répète Mathieu Gardies. « Notre objectif est d’atteindre 600 voitures et une dizaine de stations d’hydrogène avant 2020 et bien sûr s’étendre au-delà de la capitale ».

Test d’un taxi Hype par Olivier Hertel.

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