Une classe préparatoire aux écoles de journalisme peut coûter cher et exclure de facto des personnes moins favorisées. Mais ces dernières peuvent se diriger vers la « chance aux concours », une association qui les aide à intégrer des écoles reconnues par la profession.  

Un manque de diversité sociale dans les rédactions : c’est le constat fait chaque année par des résultats d’études du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. En cause, le prix exorbitant des classes préparatoires (entre 5000 et 8000 euros) aux écoles de journalisme, puis des frais liés aux concours (transport, hébergement) et les concours eux-mêmes.

Un investissement, qui plus est, dont la rentabilité est estimable à très long terme. Des coûts difficilement pris en charge par des personnes défavorisées. C’est au travers de ce constat que l’association « La Chance aux concours » a été lancée. L’objectif : permettre à des personnes qui ont peu de moyens d’avoir les mêmes chances que les autres d’entrer dans une prestigieuse école de journalisme.

 UP51

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L’accompagnement comme solution

La condition sine qua none, pour postuler, est d’être éligible à une bourse. Une fois sélectionnés, les candidats sont encadrés pendant 8 mois par des professeurs bénévoles. La promotion parisienne compte 24 étudiants, celle de Toulouse 8, et celle de Clermont-Ferrand, 3. Au programme, rédaction d’articles, de synthèses, questionnaires d’actualité et de culture générale, concours blancs et visites de grandes rédactions, histoire d’être immergé dans le quotidien de ces futurs reporters.

Chaque samedi, des journalistes appartenant aux rédactions de grands médias (France 3, l’agence de presse Reuters ou encore Le Monde) mais aussi des indépendants, tous bénévoles, corrigent les travaux des étudiants. Session spéciale le samedi, avec le dispositif « Coup de pouce » qui permet à des « repasseurs » (ceux qui se représentent aux concours après un échec) de bénéficier d’une aide à individualisée à distance.

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Insuffler de la diversité dans les médias

Baya Bellanger ne « s’attendait pas à un tel enthousiasme ». Celle qui fut une des initiatrices du projet explique qu’elle souhaite « insuffler de la diversité dans les médias, faire que les français puissent se reconnaître un peu plus dans les journalistes qui viendraient de tous horizons, de tous milieux sociaux ». Elle continue en affirmant que « ça aiderait à redonner de la confiance dans les médias, ça ne ferait pas de mal à notre métier »*.

Dans une vidéo amusante, des étudiant(e)s font part de leur expérience : 


Pour postuler, il faut remplir le dossier de candidature qui sera disponible sur le site de La Chance aux concours dès le 1er septembre 2016.

Déjà présente à Paris et Clermont-Ferrand, l’association prévoit d’ouvrir des pôles à Strasbourg, Grenoble et Toulouse, « car nous tenons aussi à lutter contre la discrimination géographique dont certains étudiants font l’objet », selon Lucie Guesdon, la coordinatrice de l’association qu’on surnomme aujourd’hui la « CAC ».

* (source : Youtube, chaîne « La Chance aux concours »)

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