Aujourd’hui démarre la Quinzaine du commerce équitable avec plusieurs centaines d’événements partout en France. L’objectif ? Faire découvrir ce mode de consommation responsable et déconstruire les préjugés qui peuvent l’entourer. 

Voici plusieurs années que le commerce équitable s’est implanté en France. Cette démarche garantit aux producteurs des pays du Sud une juste rémunération couvrant les coûts de production, une aide au développement, un soutien au pré-financement des commandes et impose aux acheteurs un engagement dans la durée.

Julie Stoll, déléguée générale de la Plate-forme pour le commerce équitable (PFCE), l’affirme, cette consommation responsable a conquis le marché français : « de plus en plus de Français l’adopte ! Entre 2014 et 2015, nous avons enregistré un taux de croissance de 17,5%. Mais ce n’est jamais suffisant, c’est pourquoi nous organisons ces Quinzaines ».

Commerce équitable Nord-Sud et… Nord-Nord

Outre l’intérêt pour une consommation juste, ce dynamisme français s’explique aussi par l’adoption, en 2014, de la loi sur l’économie sociale et solidaire, qui permet aux produits français d’être estampillés équitables. C’est ce que l’on appelle le commerce Nord-Nord.

Selon les derniers chiffres publiés pour l’année 2015, le commerce équitable pèse 663 millions d’euros en France. 108 millions d’euros proviennent des échanges Nord-Nord ! « Cette démarche répond à une attente des consommateurs et à une demande des agriculteurs français dans un contexte de crise agricole », explique la déléguée générale.  

Un bilan carbone étonnant

La Quinzaine est aussi l’occasion d’échanger autour de cette démarche et de déconstruire certaines idées reçues. Le commerce international des produits équitables est-il nocif pour l’environnement ? « La convergence avec le bio permet de diminuer le coût carbone global d’un produit, calculé aux niveaux du mode de production et du transport jusqu’à nos assiettes, explique la militante en précisant que le plus gros poste de coûts carbone concerne les derniers kilomètres. Nous devons mettre en oeuvre des solutions à ces questions de logistique qui dépassent très largement le commerce équitable ». Ainsi entre un produit français et un produit bio équitable importé le bilan carbone ne sera pas si différent.

De plus en plus bio

Par ailleurs, Julie Stoll est catégorique : « le bio n’est pas en concurrence avec l’équitable. Au contraire, une convergence très forte existe entre les deux démarches ». Les chiffres le prouvent : aujourd’hui, 76% des produits issus du commerce équitable sont également bio.

« Les consommateurs y voient de la cohérence, et les producteurs de la complémentarité, précise-t-elle. En effet, le commerce équitable garantit à ces derniers un prix rémunérateur. Et leur outil de travail, c’est-à-dire leur santé et leur terre, est protégé par la production en mode bio. Cette démarche est encouragée par les labels de commerce équitable qui incluent des primes spécifiques pour la conversion au bio ». Responsable jusqu’au bout donc.  

Découvrez toutes les manifestations près de chez vous sur le site mouvement-equitable.org

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