Née d’un ras-le-bol envers la persistance du sexisme dans notre société, la plateforme participative macholand.fr permet à toutes et tous de signaler et de dénoncer les dérives misogynes dans la parole publique, médiatique ou politique. Aux claviers, citoyens !

Une personne âgée tient du bout des doigts une paire de baskets usée. Le slogan : « Les vieilles, ça rapporte ! » Du bon goût assurément pour Sport 2000 et sa campagne publicitaire qui incite ses clients à rapporter leurs anciennes chaussures pour bénéficier d’une ristourne. Findus ne fait guère mieux pour vanter les mérites de ses bâtonnets de poisson : « Adoré par les enfants, approuvé par les mamans ». Et pourquoi pas « par les parents » ?

Les exemples de sexisme ne touchent pas uniquement les marques. La première action de macholand.fr visait le site du service public, pour qui, le conseil d’administration d’une association devait être composé d’un président, d’un ou plusieurs vice-présidents, d’un(e) secrétaire et d’un(e) trésorier. Un détail pour certains, un principe pour 500 internautes qui ont relayé le tweet : « Vos statuts associatifs ont un siècle de retard : les femmes peuvent être présidentes depuis 1905 ! » Deux heures plus tard, le service public procédait à la modification.

« Donner plus de visibilités au contre-discours »

Tout commence en 2013. Elliot Lepers et Clara Gonzales créent le site 343connards.fr suite à la tribune « Touche pas à ma pute » des autoproclamés « 343 salauds », publiée dans Causer au moment de débats sur le système prostitutionnel. « En 48h, 100 000 personnes avaient visité le site ! », précise Elliot Lepers.

« Caroline de Haas, fondatrice d’Osez le féminisme, adorait le principe et voulait le développer », se souvient-il. « Il s’agissait de rééquilibrer le rapport de force entre ceux qui véhiculent une vision sexiste de la société et ceux, éparses et moins médiatisés, qui réfutent cette vision. L’idée était de les réunir et de donner plus de visibilités au contre-discours », explique-t-il.

Agir en ligne (et ensemble) contre le sexisme

Et les hommes dans tout ça ? « Nous voulons que les hommes se sentent bienvenus », rappelle le co-fondateur. « En tant que militant féministe homme, j’ai été attentif à concevoir un outil qui permet aux hommes de participer à nos actions. C’est un combat politique, pas de genre, une lutte sociale qui concerne l’ensemble de la population ! », affirme-t-il.

Sur macholand.fr, chaque internaute peut agir de deux manières. Soit il participe à une action en partageant un tweet, un post Facebook ou en envoyant un mail, soit il propose une action. En agissant, l’internaute devient un « activiste » et, surtout, fait entendre sa voix.

Deux ans après sa création, l’initiative se développe à l’international. « Les antennes en Turquie et en Iran sont encore plus actives qu’en France. C’est une fierté pour nous », se réjouit Elliot Lepers, ravi de constater que les médias français médiatisent de plus en plus les dérapages dans la parole publique, avant d’ajouter : « Macholand devient de moins en moins utile et c’est tant mieux ! »

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Retrouvez l’article “Elliot Lepers, écolo geek” dans la 10ème édition d’UP le mag.

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