Le prêt et l’échange entre les personnes est la base de nouveaux modes de consommation. En France, deux jeunes entrepreneurs se sont lancés dans une plateforme de prêt gratuit en ligne. Son nom : Mutum.

Prononcez « Moutoum » en bon latin. Cette plateforme, disponible sur le web, a été nommée en référence au plus ancien des contrats de prêt à la consommation mis en place par les Romains. Lancé en octobre 2014, Mutum est une sorte de “Bon coin du prêt entre particuliers” complètement gratuit.

« La plateforme fonctionne sur la réciprocité », explique l’un de ses créateurs, Frédéric Griffaton, un jeune homme de 27 ans. « On ne peut pas seulement emprunter mais il faut aussi prêter, d’où un système de points. On est vraiment sur la question du partage réciproque ». Un système qui permet de gagner des points en fonction de ce qu’on prête et emprunte, et d’assurer que l’on utilise Mutum dans les deux sens.

Un déclic en Croatie

« Ça fait bientôt quatre ans qu’on s’est lancé avec Mathieu [25 ans] », se souvient Frédéric. « Le déclic s’est fait lors d’un voyage en Croatie. On a eu un problème avec notre appareil photo. On s’est dit que c’était trop dommage de ne pas pouvoir en emprunter un avant notre départ et le rendre après ».

Dès le début de l’aventure, Frédéric et Mathieu cherchait à établir un projet avec une valeur sociale, mais toujours sur un modèle d’entreprenariat viable. « Pour nous, ça passe par un financement concret, et pas un appel au don ou une forme associative », souligne le premier.

« La gratuité fait qu’il y a très peu de problèmes »  

A qui s’adresse Mutum ? A cette question, Frédéric ne peut s’empêcher de lâcher en riant : « ça, c’est le gros problème ! ». « Mutum peut s’adresser autant à des jeunes de 15 ans qui souhaitent emprunter un jeu vidéo, qu’à la mamie qui veut une poussette pour sa petite-fille », explique-t-il.

Concernant les retours du public, il y a plusieurs niveaux. « Première étape : le « wahou effect ». Les gens trouvent que c’est génial et se demandent pourquoi ça n’existait pas avant », analyse Frédéric. « La plupart du temps, la personne ne s’inscrit pas, parce qu’elle zappe ou encore parce que ce n’est tout simplement pas son mode de consommation. Mais lorsqu’elle s’inscrit, c’est magique ! On observe que les utilisateurs sont très motivés et actifs sur la plateforme ».

D’autres hésitent encore à s’inscrire. Contactée sur Twitter, Isabelle craint “de ne pas avoir de “mutumeurs” suffisamment proches de chez [elle] et qu’on en revienne à un système Bon Coin“, mais reste séduite par “le prêt, la gratuité, la réutilisation fréquente grâce à la mutualisation“. En tout cas, Frédéric assure qu’avec « la gratuité, il y a très peu de problème. Les gens font encore plus attention que lorsqu’ils louent vraiment ». En attendant, si ça vous dit, leur appli devrait sortir en juin.

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