Récupérer, trier, remettre en état des cartons de déménagement, tout en aidant des personnes isolées à se remettre sur les rails de l’emploi : c’est l’ambition de Carton Plein, une association qui allie utile, social et solidaire.

Tout commence en 2012, lorsque Antoine Aumonier, ex-directeur des ressources humaines chez Unilever, et Fabrice Bouchiba, ancien imprimeur, se rencontrent avec l’idée de se lancer dans le recyclage de cartons. Sur leur vélo, ils se rendent dans des commerces et entreprises afin de faire une collecte, nettoyer leurs trouvailles et les revendre. Mais la rentabilité n’est pas au rendez-vous. Ils décident alors de réutiliser les cartons pour des services de déménagement.

Une démarche écologique

Les cartons ne finissent plus à la poubelle et sont réutilisés de façon optimale. Passés dans une grosse machine coupante qui en fait de fines lamelles, ils sont ensuite transformés en une matière qui peut rembourrer ou emballer des objets fragiles :

« Nous sommes partis d’un constat écologique. La production d’un carton consomme 500 grammes de CO2, ce qui équivaut à 15 kilomètres en train ou 40 litres d’eau, équivalent à une douche. Cela économise un coût environnemental que nous n’investissons pas dans la production de nouveaux cartons », selon Do Huynh, le directeur de « Carton plein », qui dit s’inscrire dans une démarche d’économie circulaire.

Autre démarche environnementale, la collecte comme la livraison des cartons se fait à bicyclette ! Pour une demi-journée avec 2 déménageurs à vélo, comptez 200 euros. Si vous souhaitez ne déplacer qu’un meuble, cela coûtera environ 50 euros.

Les « valoristes »

Depuis sa création, Carton Plein a embauché 10 salariés à temps plein, dont des encadrants techniques, des gérants de boutiques et des réparateurs de vélo. Mais l’association s’est aussi engagée sur le terrain de l’insertion professionnelle.

Elle a recruté 30 « valoristes », des personnes en situation de grande précarité, sous contrat « Dispositif Premières Heures » (DPH) initié par la ville de Paris. Pour eux, l’objectif est de reprendre un rythme de travail adapté à leur situation :

« Nous les appelons les valoristes car ils redonnent de la valeur aux cartons, mais aussi à eux-mêmes à travers ce travail. Ces personnes nous sont envoyées par des organismes de solidarité comme Aurore, Emmaüs ou encore le Secours catholique grâce à des partenariats que nous avons noué avec eux. Il y a un vrai travail d’accompagnement social au-delà de leur donner du travail ». 6 heures par semaine, ces « valoristes » réparent les cartons. Certains d’entre eux effectuent même les livraisons.

La vidéo de présentation de « Carton Plein »

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La récupération est un sujet qui vous intéresse ? Retrouvez notre article “Objectif : zéro gâchis !” dans la 8ème édition d’UP le mag et son dossier spécial

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