Un projet de loi (El Khomri) sur le travail contesté, des salariés inquiets pour leur avenir et un gouvernement qui doit trouver des solutions face à un taux de chômage à plus de 10%. Les débats sur le travail ne cessent d’alimenter nos discussions. Mais, au fond, n’est-ce pas tout simplement notre vision du travail qu’il faut réinventer ? L’holacratie, par exemple, propose de dynamiter les hiérarchies. Explications.

Avec l’holacratie, fini les fiches de postes, place aux «rôles». Dans cette organisation, en fonction des tâches à accomplir, chaque salarié se voit attribuer des «rôles» dont il est totalement responsable, sans contrôle. En clair : c’est celui qui fait qui décide. Les différents «rôles» constituent des cercles, qui ne sont pas des services tels comptabilité ou RH, mais englobent plusieurs compétences. Au gré des besoins et des circonstances, les rôles et les cercles peuvent évoluer.

Mais rien à voir avec l’anarchie. Si le pouvoir n’est plus entre les mains du «boss», les règles ne disparaissent pas. Elles sont définies par la raison d’être de l’entreprise sous forme de «constitution». De plus, les tensions éventuelles sont débattues lors de réunions régulières, où chacun peut s’exprimer, libérant ainsi la parole et la créativité.

“Créer en respectant les périmètres de chacun”

En France, la Scop Scarabée Biocoop s’est récemment mise à cette organisation. Elle s’est choisie comme raison d’être le «Bio, créateur, et exemplaire». Toutes les décisions prises dans l’entreprise doivent être en accord avec cette philosophie.

«Nous avons découvert un nouveau pays pour notre organisation (…) Ce n’est plus une histoire de domination, de blocage et de souffrance. Maintenant, il est question de trouver, avec toujours plus de justesse, cette nouvelle posture qui permet de faire et de créer en respectant les périmètres de chacun», explique Isabelle Baur, présidente du directoire Scarabée Biocoop.

L’holacratie ne séduit pas que les petites entreprises. iGi Partners, cabinet de conseil spécialisé dans la mise en place de cette organisation a testé le concept avec des départements de Danone ou encore une filiale de Décathlon. Pour Bernard Marie Chiquet, fondateur de ce cabinet, cet intérêt s’explique par “la recherche de sens”. “Aujourd’hui, tout le monde aspire à plus de sens, et donc il faut remplacer les systèmes  de management par  quelque chose où les gens ont plus d’aspiration”, affirme-t-il.

Ci-dessous, une petite vidéo pédagogique pour mieux comprendre l’holacratie (en anglais mais compréhensible).


Pour aller plus loin…Parmi les nouveaux modèles de management, celui de l’entreprise libérée a fait grand bruit ces derniers mois. Ses promesses sont séduisantes : bonheur au travail, aplanissement de la hiérarchie, ou encore émancipation de la créativité des salariés. Autant d’effets que les UP Conferences ont choisi d’interroger, en conviant Isaac Getz, figure de proue de ce concept. Rendez-vous le 15 mars 2016, à 19h15, à la Gaîté Lyrique à Paris. Plus d’infos ici.
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