Dans un rapport révélé par Le Canard Enchaîné, on apprend que l’élargissement de la piste de l’aéroport de Nantes-Atlantique n’aurait pas d’impact négatif sur l’environnement. Contrairement à un déménagement à Notre-Dame des Landes.

« Vous avez sollicité mon avis sur les impacts possibles de l’allongement de la piste de l’aéroport de Nantes-Atlantique sur la réserve naturelle nationale de Grand-Lieu » écrit un certain monsieur Hindermeyer. Ce rapport débute de la manière la plus banale, mais sa diffusion est loin de l’être. En effet, « Monsieur le Préfet de la région Pays de la Loire », Henri-Michel Comet, semble regretter d’avoir commandé ce rapport sur les impacts écologiques de l’allongement de la piste de l’aéroport de Nantes-Atlantique.

Demandé en 2014, ce document n’a jamais été rendu public jusqu’à ce que Le Canard Enchaîné le dévoile dans son édition du mercredi 17 février.

Depuis Reporterre a mis la main sur le rapport, et a décidé de le publier.

Risque pour la réserve naturelle de Grand-Lieu ?

Que peut-on y lire ? Le chef du service ressources naturelles et paysage de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), Xavier Hindermeyer, donne des arguments aux opposants du projet controversé de l’aéroport de Notre-Dame des Landes.

Jouant la carte de l’écologie, le gouvernement et Jean-Marc Ayrault refusent l’élargissement de l’aéroport déjà existant (Nantes-Atlantique) mettant en avant le risque sur la réserve naturelle nationale de Grand-Lieu, située juste à côté. Dans cette logique, le futur aéroport de Notre-Dame des Landes (#NDDL pour les intimes et/ou les twittos) devrait être un bon projet pour la sauvegarde de l’environnement.

« L’allongement de la piste de Nantes-Atlantique ne présente pas de risque »

Cependant, le rapport pointe l’effet contraire. D’après lui, « le déménagement de l’aéroport de Nantes-Atlantique se traduira par l’urbanisation de ces terres et par l’imperméabilisation qui ne peut être que préjudiciable aux équilibres écologiques de la réserve ».

Il va même plus loin, puisqu’il conclut  que « l’allongement de la piste de Nantes-Atlantique ne présente pas de risque pour la faune  de la réserve naturelle et n’augmente pas le péril aviaire », ajoutant au contraire, qu’elle garantirait « la préservation des zones humides […] qui participent à l’équilibre écologique de la réserve face à l’urbanisation de l’agglomération nantaise ».

Une étude qui tombe à pic ?

Une étude qui ne va pas ravir le gouvernement à quelques mois du référendum local sur le projet controversé. Au lendemain de cette révélation, Le Premier ministre Manuel Valls a déclaré que si cette consultation est empêchée, « il n’y aura pas d’alternative, et les travaux démarreront de toute façon à l’automne », dans Ouest-France.


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