Nous sommes tous tentés de changer régulièrement de téléphone portable ou de tablette… Pourtant, nos anciens appareils peuvent encore servir. Des sites spécialisés dans leur réemploi se lancent et nous encouragent à ne plus jeter ces produits, même abimés. Le but : réparer, reconditionner et revendre, moins cher.

Avant, c’était assez simple. D’un côté, il y avait le marché du neuf ; et de l’autre, celui de l’occasion. Mais depuis près de deux ans, un entre-deux tire son épingle du jeu : le marché des smartphones, des tablettes, des ordinateurs et des autres produits électroniques ou électriques… reconditionnés, que de plus en plus de plateformes web se mettent à vendre, comme Back Market, monté en 2014. «C’est une catégorie de produits encore relativement méconnue et un peu compliquée à comprendre », admet Vianney Vaute, l’un des co-fondateurs du site qui revend en grande majorité des mobiles.

Le principe : lui, ou d’autres, récupèrent des appareils en fin de vie auprès de particuliers ayant tendance à les stocker inutilement dans un tiroir ou à les jeter. « Les Français, souligne Vianney Vaute, produisent environ 22 kilos de déchets électriques ou électroniques par an. » En échange, ces entreprises leur proposent quelques sous – tout dépend, au final, de l’état de l’appareil.

Moins cher

Ensuite, ils les font réparer dans des usines par des professionnels, puis les remettent en boîte – et en vente – avant d’offrir des garanties de quelques mois. «Ces produits, explique Thomas Baron, responsable du site de revente Love2recycle, ouvert en 2009, sont 100 % fonctionnels et jusqu’à 40 % moins chers que des produits neufs. »

Selon lui, le déclic du marché du reconditionné a été l’annonce de Free en 2012, date à laquelle la société brade l’abonnement mobile, en proposant un forfait illimité mensuel à 19,99 euros sans engagement, mais en augmentant, en contrepartie, le tarif du téléphone portable. « Les gens ont découvert qu’un smartphone ne coûtait pas un euro », précise-t-il.

Impact positif sur l’environnement

Un mobile neuf coûte cher… et sa conception pollue, observe de son côté Vianney Vaute : « Entre 80 et 85% de son empreinte carbone sont liés à la phase de production. » D’où l’intérêt de lutter contre l’obsolescence programmée et de maintenir en vie des appareils encore demandés par les consommateurs. Et cela, grâce au maximum de matériaux récupérés.

«Pour ces raisons, résume Thomas Baron, le reconditionné rentrera naturellement dans nos habitudes, car c’est un acte qui permet de se faire plaisir par l’acquisition, par exemple, d’un smartphone haut de gamme et au budget raisonnable – comparé à un produit neuf – et qui a un impact positif sur l’environnement. »

Parier sur le reconditionné, c’est donc parier sur un marché en pleine croissance, mais qui a encore une grande marge de manœuvre. La meilleure preuve ? « Les Français déboursent à Noël deux milliards d’euros pour des produits high-tech, explique Vianney Vaute, contre un milliard d’euros sur l’ensemble de l’année pour des biens reconditionnés.»

Cet article est extrait d’UP le mag n°10 :

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