Alors que Renault est accusé d’avoir dépassé les normes de pollution, le constructeur français s’est engagé à rappeler  15000 de ses véhicules afin de les vérifier et exécuter des tests de mise aux normes. La ministre de l’écologie, Ségolène Royal, est montée au créneau.

Tout a commencé le 14 janvier. Le syndicat CGT des ouvriers de Renault a annoncé que les sièges de la firme de Lardy (activités de mise au point des moteurs et des boîtes de vitesse), Guyancourt (centre de recherches) et Boulogne-Billancourt (siège social)  ont fait l’objet de perquisitions effectuées les 7 et 8 janvier par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. Un événement qui survient peu après le scandale des logiciels truqueurs (qui servaient à fausser les résultats des tests anti-pollution) Volkswagen survenu fin 2015.

La commission Royal, qui réunit écologistes, associations de consommateurs et spécialistes de l’automobile, avait fait tester 5 modèles de voiture Renault. Des tests sur circuits qui ont rapidement dévoilé des résultats plusieurs fois supérieurs aux normes européennes.

C’est ensuite le constructeur qui a confirmé les propos du syndicat ouvrier, soulignant que cette opération était « un complément d’investigation sur pièce et sur site ». Ce qui n’a pas manqué d’ajouter de la confusion à l’affaire.

Renault avait annoncé, en décembre 2015, un plan d’investissement de 50 millions d’euros pour réduire l’écart entre les émissions polluantes de ses voitures en homologation et en situation réelle. En Bourse, l’annonce de ses perquisitions a déclenché un tsunami boursier : la cote de la firme a dégringolé de 22 % à la mi-journée. Mais le groupe automobile a des défenseurs de poids.

Ségolène Royal et Emmanuel Macron au créneau

A Berlin, le ministre de l’économie Emmanuel Macron a affirmé que le cas de Renault n’était « en aucun cas comparable » à la situation du groupe automobile allemand Volkswagen, pris depuis le mois de septembre 2015 dans une affaire de moteurs truqués.

Mais c’est sans aucun doute Ségolène Royal qui a tenu à dédouaner (en partie) le constructeur français à travers plusieurs déclarations distillées dans les médias. Dès l’annonce de ses perquisitions, celle qui était déjà ministre de l’Environnement sous la présidence de François Mitterrand a réaffirmé, à l’issue d’une réunion d’une commission technique indépendante, sa « confiance à Renault, un grand industriel français ».

Dans une interview accordée à RTL le 19 janvier, Ségolène Royal a annoncé que Renault s’était « engagé à rappeler 15.000 véhicules pour régler leurs moteurs ».

Le 20 janvier, Ségolène Royal est passée à l’offensive. Sur iTélé, elle a affirmé que Renault « n’était pas la seule marque à dépasser les normes anti-pollution ». Se refusant à nommer les marques concernées, elle a affirmé que ce constat faisait suite à des tests effectués auprès d’autres marques. Les résultats seront rendus publics bientôt.


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