Faire baisser la circulation sur les routes, « plus facile à dire qu’à faire », diront les travailleurs qui empruntent leur voiture quotidiennement pour se rendre au bureau. Pourtant, une nouvelle tendance porteuse d’optimisme émerge : le travail à distance dans ce qu’on appelle des «tiers lieux».

Mardi, 9 heures, Marc ouvre son ordinateur et se plonge dans ses dossiers comme chaque jour de la semaine. Sauf que ce jour-là, il n’est pas à son poste de travail à Rungis mais dans un bureau cosy à Fontainebleau, à une dizaine de minutes en voiture de son domicile. «Mon entreprise a proposé à plusieurs employés de tester le télétravail, à raison d’une fois par semaine», explique le cadre, conseillé en patrimoine pour l’entreprise de logistique Sogaris. Depuis mars 2015, Marc travaille chaque mardi, à partir du centre Stop and Work à Fontainebleau, un lieu regroupant des espaces de travail partagés entre plusieurs entreprises et/ou télétravailleurs. On appelle cela un télécentre. Ce type d’établissement émerge de plus en plus en France. Stop and Work, propose des bureaux fermés ou en open-space, un espace de coworking et des salles de réunions. On y trouve aussi un espace détente, où jeunes entrepreneurs, travailleurs indépendants et salariés en télétravail peuvent se croiser au détour d’un café. En tout, des personnes de 180 entreprises bénéficient du lieu, de manière ponctuelle ou permanente, dans un espace de 1200 m².

Des bénéfices sur toute la ligne

Pour Marc, les avantages du télétravail sont multiples. Cela lui permet d’éviter le trajet aller et retour de plus d’une heure qui le sépare de son lieu de travail. « Je suis moins fatigué donc plus efficace, et cela me permet de rentrer plus tôt pour passer du temps avec mon petit garçon de 5 ans », explique-t-il. Il apprécie également d’avoir la possibilité de continuer à décloisonner lieu de travail et domicile. Pour autant, Marc n’imagine pas travailler uniquement à distance. « J’ai deux collaboratrices sous ma responsabilité et il y une bonne ambiance à mon bureau, c’est important de le préserver », remarque-t-il. Ce qui ne l’empêche pas d’apprécier le calme offert par le bureau blanc qu’il occupe seul à Fontainebleau : « J’en profite pour avancer sur des dossiers qui nécessitent plus de concentration. »

Un mouvement à poursuivre

Qui ne rêverait pas d’allier bénéfice personnel et sociétal ? Car si le télétravail est source de bien-être, il est aussi un coup de pouce à la réduction de la production de CO². Si une personne qui fait habituellement 50 kilomètres de voiture pour aller travailler se met en télétravail deux jours par semaines, elle économise annuellement 512 L de carburant et deux tonnes équivalent CO², selon l’association Télécentres 77, qui vise à développer les lieux de travail alternatifs en Seine-et-Marne. En trois ans, l’Ile-de-France est passée d’une dizaine d’espaces de travail collaboratif à 125, dont 45 hors de Paris. Un mouvement encourageant. Mais pour se déployer vraiment, il nécessitera un effort des employeurs. « Le maillage des tiers-lieux se développe sur toute la grande couronne francilienne. Il faut désormais que les entreprises et administrations permettent à leurs employés de travailler un à plusieurs jours par semaine en télécentre ou coworking », souligne Denis Jullemier, président d’Initiatives Télécentres 77.

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Cet article est extrait d’UP le mag n°10 :

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