Les négociations de la COP21 ont permis, pour la première fois, d’aboutir à un accord entre toutes les parties, c’est-à-dire 195 états + l’Union Européenne, pour lutter contre le réchauffement climatique, samedi 12 décembre. Si la France, en tant que pays hôte, peut se targuer d’avoir facilité ce succès diplomatique, sur le plan des négociations et des engagements, elle était représentée par l’Union Européenne qui a parlé d’une seule voix lors de ce sommet international. Comment l’Union Européenne s’est-elle impliquée dans l’accord, avant et pendant les négociations ?

Du côté des responsables européens, l’issue du sommet été saluée comme une victoire.  «Cet accord est une victoire majeure pour l’Europe. Mais plus important encore, c’est une victoire majeure pour la communauté internationale», s’est félicité Miguel Arias Cañete, le représentant de l’Union Européenne.  Le président luxembourgeois du conseil de l’UE, Camille Gira, a lui évoqué la “performance de l’Union européenne” qui a “parlé d’une seule voix”, devenant ainsi un “partenaire incontournable dans les négociations”.

L’UE dans les négociations

«L’Europe a mené les efforts à Paris pour obtenir un accord sur le climat ambitieux et légalement contraignant. Nous avons noué des alliances et d’autres nous ont rejoint», a affirmé Miguel Arias Cañete.  En amont de la COP21, l’UE a en effet constitué ce que le Guardian appelle une «high ambition coalition» (coalition très ambitieuse), avec des pays en développement d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.

Cette coalition, qui s’est organisée à l’occasion de réunions informelles, a permis de réunir 79 États autour d’objectifs ambitieux, pour ensuite les porter auprès de l’ensemble des parties présentes à la COP21. Les parties se sont notamment accordée sur le but  à atteindre sur le long terme et la nécessité d’intégrer un mécanisme de réexamen tous les 5 ans.

Le 10 décembre, soit deux jours avant l’accord, les Etats-Unis ont annoncé avoir rejoint cette «coalition ambitieuse». Forte de son poids au sein des négociations, car majoritaire et constituée de pays développés et en développement, ce groupe a ensuite réussi à rallier les autres parties à un accord.

Les engagements de l’UE

L’Union Européenne, qui représente 9% des émissions mondiales, a été la première à rendre public ses engagements de réduction d’émission de gaz à effet de serre (GES) en amont de la COP21, dès le mois de février 2015.  Conformément à ses précédentes déclarations, l’Europe s’est engagée à réduire ses émissions de GES de 40% d’ici à 2030 par rapport à 1990. Sur le long terme, l’UE affiche l’ambition de réduire ses émissions de GES de 80 % avant 2050, pour arriver à des émissions proches de zéro d’ici à 2100.

Pour parvenir à ces objectifs, l’UE s’est fixée d’atteindre une part de 27 % d’énergie issue de sources renouvelables dans sa consommation énergétique d’ici 2030. Sachant que la part d’énergie renouvelable est passée de 8,5% en 2005 à 14,1 % en 2012, et que l’objectif à horizon 2020 est d’atteindre 20 %.

L’UE souhaite également d’ici à 2030 améliorer de 27 à 30 % son efficacité énergétique, c’est-à-dire le rapport entre l’énergie vraiment utilisée et l’énergie consommée (souvent supérieure du fait de pertes). Les moyens les plus rentables pour parvenir à des réductions importantes sont décrits dans la Feuille de route vers une économie compétitive à faible intensité de carbone à l’horizon 2050 de la Commission européenne.

Toutefois, si les engagements des différentes parties restent dans l’état, la température augmenterait d’environ 3°C selon les scientifiques, dépassant la limite annoncée de maintenir la hausse de la température sous la barre des 2°C. D’où l’intérêt de pouvoir revoir les objectifs à la hausse.

Cette publication s’inscrit dans une action qui fait l’objet d’un soutien financier de la part de l’Union Européenne. Elle n’engage que son auteur et la Commission Européenne n’est pas responsable de l’usage qui pourrait être fait des informations qu’elle contient.


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