Le Brésil traverse actuellement la pire crise écologique de son histoire. Une gigantesque coulée de boue de toxique s’est déversée dans le Rio Doce jusqu’à l’Atlantique, après l’effondrement de deux barrages.Petit récapitulatif.

62 milliards de litres de résidus miniers, c’est la quantité de déchets qui s’est écoulée dans l’un des principaux fleuves du Brésil, le Rio Doce, après la rupture de deux barrages miniers appartenant à la société minière Samarco. C’était le 5 novembre. L’accident a provoqué la mort de douze personnes et ravagé les villages traversés par le fleuve.

La coulée s’est ensuite répandue jusqu’à l’océan Atlantique sur 650 km. Sur son passage, elle a dévasté les écosystèmes et tué des milliers d’animaux. 280.000 personnes sont privées de l’accès à l’eau. Le liquide toxique a commencé à se déverser dans l’océan atlantique partir du 23 novembre. L’ampleur de la catastrophe est encore difficile à mesurer, tant elle est grande.

« Il s’agit de la plus grande catastrophe écologique de l’histoire du Brésil », a affirmé la ministre de l’environnement, Izabella Teixera, citée par l’AFP. Selon les estimations des experts, la « revitalisation » du fleuve pourrait prendre au moins dix ans et coûter près d’un milliard d’euros.

La société minière mise en cause

Certains ont regretté que cette crise soit un peu passée inaperçue en pleine COP21. Il faut dire que l’actualité environnementale était très braquée sur les négociations. Et que cet événement n’a pas de lien direct avec les débats sur le réchauffement climatique. La présidente du Brésil, Dilma Rousseff a toutefois dénoncé «l’action irresponsable» de la société minière, lors de son intervention à la COP21.

En effet, pour l’heure, ce qui suscite le plus d’indignation dans le pays, c’est la responsabilité des entreprises et le manque de contrôle des autorités. Le gouvernement brésilien a annoncé qu’il réclamait 5,2 milliards de dollars devant la justice civile dans une procédure visant la Samarco, compagnie propriétaire du barrage, détenue à parts égales par les géants miniers brésiliens Vale et BHP.

Les eaux polluées du Rio Doce contiennent des substances hautement toxiques comme du plomb, de l’arsenic et du chrome. Le groupe Vale affirme que ces substances étaient déjà présentes dans le fleuve et sont remontées en surface au passage de la coulée de boue. Il a nié en revanche, que la coulée de boue visqueuse était elle-même toxique, contredisant l’avis des experts de l’ONU.


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