Lors des négociations sur le climat de la COP21 , toute la question sera de savoir comment inciter les acteurs à réduire leurs émissions de CO2, pour limiter le réchauffement de la planète. Des marchés du carbone ont été créés il y a quelques années, mais ils sont critiqués.

Le crédit carbone, c’est un outil financier qui a été créé lors du protocole de Kyoto, en 1997. Les pays signataires, principalement européens, se sont fixés des quotas d’émissions, et leur ont donné une valeur. Chaque tonne de CO2 non émise correspond à un crédit. C’est ainsi qu’est né le marché du carbone de l’UE, pour les secteurs industriels les plus polluants, entré en vigueur en 2005. Une entreprise qui a respecté les quotas peut revendre ses crédits carbone à des banques ou des fonds propres, tandis qu’une entreprise qui au contraire, a trop pollué, peut acheter du crédit.

Le problème, c’est que, sur le marché européen, le prix de la tonne fixé à 30 euros par le protocole de Kyoto, s’est effondré, pour descendre entre 5 et 7 euros. Crise économique, fraudes, détournement d’autres mécanismes, quotas gratuits…les raisons de cet échec sont multiples. Reste seules 0 à 10% des réductions d’émissions des entreprises concernées sont attribuable au prix du carbone, selon une étude.

Vers un élargissement ou une réforme ?

Les détracteurs du marché carbone estiment qu’il crée un droit à polluer. Ils critiquent aussi le fait qu’il existe un autre marché, non encadré par Kyoto, qui permet aux entreprises qui le veulent de compenser leurs émissions en finançant des projets dans les pays en développement. “Les produits ou services compensés carbone deviennent pour l’entreprise l’occasion de communiquer sur sa démarche environnementale”, souligne la doctorante Alice Valiergue sur le The Conversation.

A l’occasion de la COP21 la question d’une réforme des marchés du carbone devrait donc se poser. A moins d’aller vers un autre outil,  plus ambitieux, comme la taxe carbone ?


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