Après les attentats de Paris du 13 novembre revendiqués par l’État Islamique, la COP21, le grand rendez-vous avec le climat, ne se déroulera pas comme prévu. Pour des questions de sécurité, les manifestations en extérieur, sensées mobiliser et sensibiliser les citoyens aux impacts du dérèglement climatique, sont annulées. Une immense déception pour les associations engagées en faveur du climat, qui recherchent d’autres moyens pour peser sur les négociations.

De nombreux événements étaient d’ores et déjà organisés en marge de la COP 21. La Conférence sur le Climat devait être l’occasion de rassembler toutes les personnes sensibilisées à la protection de la nature mais aussi alerter sur les dangers du dérèglement climatique et promouvoir les solutions pour la transition énergétique et les comportements écologiques. Après les attentats du 13 novembre, qui ont fait 129 morts et 352 blessés, le gouvernement français a pris la décision de maintenir la COP 21 mais le plan de sécurité a été amplement renforcé. Le 16 novembre, le premier ministre, Manuel Valls a annoncé, sur RTL, que la Conférence sur le Climat serait« réduite à la négociation » et que les « concerts et manifestations festives » annexes « seraient sans aucun doute annulés ». Une déception pour tous les organisateurs des actions de la société civile qui, au-delà de simples rassemblements festifs, y voyaient aussi une manière de faire pression sur les politiques durant les négociations.

« Sans les citoyens rien n’avancera »

C’est ce que scandait la Coalition Climat 21, au lendemain de cette annonce. La coalition, qui regroupe plus de 130 organisations de la société civile, s’est dite déterminée à maintenir toutes les manifestations prévues. « Tout en tenant compte des circonstances exceptionnelles, nous sommes convaincus que la COP 21 ne peut pas se dérouler sans la participation ni sans les mobilisations de la société civile en France. Ainsi, nous mettrons en œuvre tous nos efforts pour que se tiennent l’ensemble des mobilisations que nous organisons », a déclaré la coalition dans un communiqué. Le mouvement altermondialiste Attac s’est aussi exprimé en faveur du maintien des manifestations. « Malgré l’émotion et la tristesse, nous refusons de céder à la terreur », a expliqué l’Attac, avant d’ajouter, « nous refusons par avance toute restriction au droit de manifester ».

Annulation de la Marche mondiale pour le climat

S’il a maintenu la COP 21, le gouvernement s’est trouvé face à un dilemme entre la sécurité des manifestants lors des événements annexes à la Conférence et leur liberté d’exprimer leur engagement en faveur du climat pour peser sur les négociations. Mais, temps fort de la mobilisation citoyenne, la Marche mondiale pour le climat, prévue pour le 29 novembre, allait probablement réunir des centaines de milliers de personnes. Impossible alors de garantir une entière sécurité pour un événement d’une telle ampleur se déroulant à l’extérieur. Dans la crainte d’un nouvel attentat voire d’un gigantesque mouvement de panique, le gouvernement a décidé, mercredi 18 novembre, l’annulation de la grande manifestation. « La situation créée par les attentats odieux du 13 novembre et les investigations menées depuis imposent que les conditions de sécurité soient renforcées (…) le gouvernement a décidé de ne pas autoriser les marches pour le climat prévues sur la voie publique à Paris et dans d’autres villes de France les 29 novembre et 12 décembre », dévoile un communiqué du ministère des Affaires étrangères, qui précise cependant que les manifestations organisées dans les espaces fermés, plus facilement sécurisables seront maintenues.

Les associations cherchent une forme alternative de mobilisation citoyenne

Coalition Climat 21 a exprimé ses regrets « qu’aucune alternative n’ait été trouvée pour permettre les mobilisations » mais reste « plus que jamais déterminé à faire entendre (ses) voix sur les questions de justice climatique ». L’organisation souhaite faire « part de créativité pour mobiliser et rassembler ». Même chose pour Greenpeace et WWF qui a déclaré : « si nous ne pouvons pas marcher pour le climat dans les rues de Paris, nous redoublerons de créativité pour nous faire entendre des décideurs ». Parmi les formes alternatives possibles de mobilisation citoyenne, une cyber-manifestation sur Internet ou l’accrochage de drapeaux aux fenêtres ont été mentionné. « Pas de COP21 sans mobilisation de la société civile » a réaffirmé Coalition Climat 21, qui rappelle que 57 marches sont prévues dans le monde entier.


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