En plein « Mois de l’ESS », les étudiants sont mis à l’honneur à l’occasion de la 3e édition de la Semaine étudiante pour l’ESS. Après la coopérative Solidarité étudiante, à l’origine de cette semaine dédiée aux jeunes, UP le mag a rencontré Roland Berthilier, président de l’association l’ESPER, l’Economie Sociale Partenaire de l’Ecole de la République, partenaire de l’événement.

Conférences, tables rondes, ateliers, jeux ou formations, plus de 70 événements rassembleront, jusqu’au 21 novembre, les acteurs de l’ESS et ceux de l’Université durant la Semaine étudiante pour l’ESS.  Un temps fort destiné à promouvoir l’ESS auprès des jeunes, mobiliser les étudiants engagés et valoriser les initiatives existantes.

Connaître les événements près de chez vous

UP le mag : Selon une étude,  80% des jeunes qui découvrent l’ESS en apprécient les valeurs. Pourquoi plaisent-elles autant aux jeunes ?

Roland Berthilier, président de l’association l’ESPER : Les valeurs de l’ESS sont profondément enracinées dans notre société. A titre d’exemple : l’engagement est présent à travers les 20 millions de bénévoles des associations, de militants mutualistes. La solidarité est au cœur de notre système social. La démocratie constitue leur aspiration commune, et ne peut vivre que si l’égalité, la liberté, la fraternité sont effectivement garanties par la République. Autant de valeurs qui sont celles véhiculées par toutes les organisations de l’ESS. Les valeurs de l’ESS sont celles de la République ! Si certains parlent de l’individualisme de notre société, force est de constater que sur le terrain, les personnes engagées sont nombreuses, particulièrement les jeunes, qui vivent souvent sans le savoir ces valeurs au quotidien. Leurs formes d’engagement sont multiples, innovantes et porteuses d’espoir.

Comment l’ESPER promeut l’ESS auprès des étudiants ?

Les 45 organisations membres de L’ESPER (mutuelles, associations, coopératives ou syndicats) agissent déjà au quotidien dans le champ de l’éducation. Elles constituent des relais idéaux d’actions de promotion et d’éducation à l’ESS auprès des jeunes de tout âge. Si les acteurs de l’ESS sont convaincus de la nécessité pour la société et pour les jeunes de promouvoir l’ESS, elle reste malheureusement méconnue des jeunes. Nous avons fait le choix de la promotion de l’ESS par la pratique, et non comme un enseignement théorique. Aussi, nous soutenons les organisations étudiantes membres de notre réseau notamment Solidarité Etudiante, coopérative étudiante organisatrice de la Semaine Etudiante pour l’ESS.

Et quelles actions menez-vous sur le plan politique ?

Un travail de longue haleine est mené auprès des acteurs institutionnels pour faire reconnaître l’éducation à l’ESS comme nécessaire. Cela s’est concrétisé par la signature de deux accords-cadres nationaux de coopération en 2013 et 2014 avec les ministères concernés. Celui de 2014 a notamment été signé par le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, le ministère délégué à l’ESS, le Président de la Conférence des Présidents d’Université, le Président de la Conférence des Directeurs des Écoles Françaises d’Ingénieur et L’ESPER.

Pourquoi cibler particulièrement les jeunes ?

D’un point de vue pragmatique, avec 10% des emplois en France, l’ESS est porteuse d’emploi pour les jeunes diplômés du secteur. L’objectif est également d’inciter les jeunes à se regrouper pour porter un projet commun, cela peut par exemple s’appeler l’entrepreneuriat collectif. Par ce type d’initiative, ils répondent d’eux-mêmes à un besoin par la force du collectif. Au-delà des possibilités en termes d’emplois que l’ESS représente, elle a  une dimension émancipatrice par l’implication du citoyen au cœur de son fonctionnement grâce au processus démocratique. Et puis, une dernière dimension est importante. C’est la manière dont les jeunes eux-mêmes influencent l’ESS. Leur jeunesse, l’innovation de leurs actions, le dynamisme avec lequel ils portent les projets et s’engagent sous des formes diverses, amènent un vent de fraîcheur sur l’ensemble du secteur. Toutes les initiatives menées par ces jeunes, au-delà de l’objectif social recherché, influencent ce que sera l’ESS demain.

C’est parti pour la Semaine étudiante pour l’ESS ! (Partie 1)


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