Le réchauffement climatique est loin d’être une affaire de riches. Les principales victimes sont même les plus pauvres de la planète, selon un rapport de la banque mondiale. Une bonne piqure de rappel à la veille de la COP21.

«Les politiques de réduction des émissions doivent protéger et même profiter aux gens pauvres», tel est l’avertissement lancé par la banque mondiale dans un rapport publié le 8 novembre. Car en matière de climat, les populations les plus pauvres sont aussi les plus vulnérables.  Cela tient à la fois à l’exposition de leurs territoires aux catastrophes et de leurs conditions de vie.  En Indonésie, par exemple, les populations défavorisées ont un risque 30 % plus élevé d’être touchées par une inondation, et un risque 50 % plus élevé de subir une sécheresse.

En cas de catastrophe naturelle détruisant productions agricoles et habitats, les pauvres sont plus impactés car cela constitue leurs principales richesses.  En plus, en cas de difficultés, ils peuvent moins compter sur le soutien d’un état ou de leurs proches.  Enfin, les plus pauvres sont aussi plus exposés  aux maladies aggravées par le changement climatiques, comme la diarrhée ou le paludisme.

Des ressources fragiles

Cette étude démontre par ailleurs «qu’il faut dépasser la vision uniquement monétaire de la grande pauvreté. Une grande part de la consommation des pauvres provient directement des écosystèmes (bois, nourriture). Lorsque ces services faiblissent ou disparaissent du fait d’évolutions climatiques les conditions concrètes de vie de centaines de millions de personnes s’aggravent brutalement», souligne Stéphane Hallegatte, économiste à la Banque mondiale, interrogé par Libération.

Si des mesures ne sont pas prises, le changement climatique entrainera 100 millions de personnes en plus dans l’extrême pauvreté,  prévient la banque mondiale. Un avertissement à la veille de la COP21, où doivent se décider les mesures pour limiter le réchauffement climatique. Car des mesures pourraient changer la donne. « Une taxe carbone, même modeste, à 10 dollars la tonne, permettrait d’intensifier considérablement, de 50 %, la protection sociale. Ou de financer d’autres investissements (comme l’accès à l’eau, à l’assainissement ou à l’énergie moderne) qui profitent aux gens pauvres », affirme la Banque mondiale.


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