Le 30 octobre dernier, la préfecture de Loire-Atlantique annonçait la reprise des travaux de l’aéroport de Notre-Dame des Landes. Un projet, né dans les années 1960, qui a connu de nombreux rebondissements. Vivement contesté, notamment pour son impact négatif sur l’écosystème local, la construction de l’aéroport était mise en suspens depuis 3 ans. Vous souhaitez mieux comprendre cette controverse qui revient si souvent à la Une de l’actualité ? UP le mag vous propose une séance de rattrapage.

C’est un vieux projet. Que s’est-il passé ces 40 dernières années ?

Le projet de création d’un aéroport du Grand Ouest, à seulement 17 km de Nantes, remonte aux années 1960. Entre les décisions des instructions locales, la lutte des associations opposées au projet et les actions en justice, retour sur les dates clés du projet (cliquez ci-dessous).

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© Source AFP 2015

Un nouvel aéroport est-il réellement nécessaire ?

Le projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame des Landes devait à l’origine permettre essentiellement de donner plus d’importance à la région Pays de la Loire dans l’aménagement du territoire français. Aujourd’hui, on constate que l’aéroport existant, l’aéroport Nantes Atlantique, fonctionne à 112% de sa capacité. Concrètement, il accueille au moins 430 000 voyageurs de « trop », pour un total de 3 930 849 passagers par an. Les estimations font aussi état de 4 millions de passagers d’ici 2020. Pour les partisans à la création d’un nouvel aéroport, il s’agit donc de répondre à la croissance du trafic et pallier à une forme de saturation, pour beaucoup due à la progression démographique du Grand-Ouest. Les réfractaires au projet estiment pour leur part que l’aéroport Nantes Atlantique est loin d’atteindre un point de saturation et n’hésitent pas à le comparer à d’autre aéroports, comme celui de Stuttgart, qui possède une taille similaire et accueille 10 millions de passagers par an. L’aviation civile a d’ailleurs annoncé que l’aéroport Nantes Atlantique était classé en catégorie A et ne présente aucune difficulté particulière. Par ailleurs, la construction de l’aéroport de Notre-Dame des Landes permettra la création de nombreux emplois (au moins 5 230 et potentiellement jusqu’à plus de 9 500). Selon le Collectif des élus doutant de la pertinence de l’aéroport (Cédpa), la contrepartie est qu’environ 600 emplois du secteur agricole seront détruits.

Pourquoi ne pas agrandir l’aéroport Nantes atlantique à la place ?

Alors pourquoi ne pas juste développer l’aéroport existant et persister à imposer un projet qui n’est pas du goût de tous ? Certains opposants au projet estiment qu’une modernisation de l’aéroport Nantes-Atlantique et la création d’une deuxième piste pourrait permettre l’accueil de voyageurs supplémentaires. Mais une récente étude affirme que les contraintes environnementales seraient plus exigeantes que pour la construction du nouvel aéroport à Notre-Dame des Landes puisque le lac de Grand-Lieu, réserve ornithologique et piscicole, se situe à seulement 1km. Enfin, la modernisation de l’aéroport Nantes-Atlantique exposerait une partie de la population à d’importantes nuisances sonores.

Quel sera l’impact écologique de la construction d’un nouvel aéroport ?

Le site choisi pour le projet de construction de l’aéroport du Grand Ouest fait débat. Il s’agit d’une grande zone humide, à l’origine de plusieurs cours d’eau. Sa faune y est très diversifiée et plusieurs espèces protégées ou considérées comme fragiles, dont le triton marbré, le triton crêté, le lézard vivipare et le campagnol amphibie, s’y trouvent. Le projet prévoit toutefois d’importantes mesures compensatoires. 41 millions d’euros, soit 10% du montant des travaux, seront consacrés au financement d’un plan de gestion agro-environnemental. Une aérogare basse consommation et un toit végétalisé permettront à l’aéroport d’obtenir la certification haute qualité environnementale (HQE). La multinationale Vinci, en charge de la réalisation du projet après avoir remporté l’appel d’offre en 2010, a annoncé viser un bilan carbone positif d’ici à 2072 et se targue de construire l’aéroport le plus écologique du monde. Peu réceptifs, les écologistes soulignent que le projet sera responsable de la destruction de 2000 hectares d’une des dernières zones de bocage préservée en Loire-Atlantique et la disparition de nombreuses terres agricoles. Sans compter que le développement du transport aérien n’est pas le moyen le plus optimal pour limiter les gaz à effet de serre.

Combien coûte le projet ? Et surtout qui met la main au portefeuille ?

 

Selon Vinci Airports, le coût global pour l’aménagement du nouvel aéroport (aéroport et desserte routière) sera de 561 millions d’euros. Les opposants supposent qu’il s’agit d’une sous-estimation et arguent que le coût de ce type de construction serait généralement dépassé à hauteur de 40%. Le coût sera supporté conjointement par  la société Aéroports du Grand Ouest (filiale de Vinci) pour 315 millions d’euros, par l’Etat pour un peu plus de 130 millions d’euros et par les collectivités locales pour 115,5 millions d’euros (essentiellement les régions Pays de la Loire et Bretagne). Ces dernières seront remboursées si les excédents d’exploitation sont supérieurs aux prévisions. Mais les opposants ne croient pas un instant que l’occasion se présentera.

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