Le 9 novembre, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) a publié les chiffres de son étude annuelle sur les concentrations de gaz à effet de serre (GES). En constante progression, la teneur de l’atmosphère en GES a atteint un nouveau record en 2014.

Chaque année, l’OMM établit une veille sur la composition de l’atmosphère à l’échelle du globe. Les résultats pour 2014 viennent de tomber et sont une fois de plus inquiétants. Le niveau de dioxyde de carbone (CO2), de méthane (CH4) et de protoxyde d’azote (N2O) ont atteint de nouveaux pics. Depuis 1984, date à laquelle les organisations scientifiques ont commencé à calculer des statistiques fiables sur la concentration des GES dans l’atmosphère (c’est-à-dire sur les gaz qui restent piégés dans l’air), les chiffres ne font qu’augmenter d’année en année. L’année 2014 n’échappe pas à la règle puisque la teneur de l’atmosphère en gaz à effet de serre a atteint un nouveau record. Selon le rapport de l’OMM, le taux d’accroissement du CO2 atmosphérique est dans la moyenne par rapport aux dix dernières années mais « tant pour le CH4 que pour le N2O, la hausse relevée entre 2013 et 2014 est supérieure à celle constatée entre 2012 et 2013 et au taux moyen de progression de ces dix dernières années ». L’étude démontre également que le forçage radiatif de l’atmosphère dû aux GES, responsable du réchauffement climatique, s’est accru de 36 % entre 1990 et 2014.

graphique OMM

 

« La machine s’emballe à un rythme effrayant »

« Nous ne voyons pas le CO2. Or c’est une menace invisible mais bien réelle, qui se traduit par des températures mondiales plus élevées, par une multiplication des phénomènes extrêmes, par la fonte des glaces, la hausse du niveau de la mer et l’acidification des océans. C’est la réalité d’aujourd’hui: nous avançons en territoire inconnu et la machine s’emballe à un rythme effrayant » averti Michel Jarraud, Secrétaire général de l’OMM. L’étude révèle, en effet, la dangereuse interaction entre le CO2 et la vapeur d’eau, responsables de l’effet de serre naturel sur terre. La hausse des températures provoquée par le CO2 entraîne une augmentation des concentrations de vapeur d’eau. Mais le H2O a aussi un effet amplificateur qui engendre à son tour plus de chaleur. « L’effet cumulé des émissions passées, présentes et futures de dioxyde de carbone se répercutera à la fois sur le réchauffement du climat et sur l’acidification des océans. Les lois de la physique ne sont pas négociables », prévient le Secrétaire général de l’OMM.

graphique OMM 2

Un accord primordial pendant la COP21

A trois semaines du lancement de la COP21, les chiffres de l’OMM ne font que conforter la nécessité d’un accord international pour limiter la hausse mondiale du réchauffement climatique à +2°C d’ici 2100. « Chaque année nous répétons que le temps presse. C’est MAINTENANT qu’il faut agir pour réduire radicalement les émissions de gaz à effet de serre et pour qu’il nous reste une chance de contenir à un niveau raisonnable la hausse des températures », a déclaré Michel Jarraud. Si un accord est trouvé durant cette « Conférence sur le climat », ce sera la première fois qu’autant de pays, totalisant 86 % des émissions de gaz à effet de serre de la planète, s’engageront pour maintenir le réchauffement climatique, en promettant des mesures contraignantes applicables à partir de 2020.


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