L’entreprise sociale, c’est l’efficacité économique au service de l’intérêt général.  Les impacts sociaux, mais aussi sociétaux et environnementaux sont attaqués de front. Résultat, tout le monde y gagne : les bénéficiaires, les salariés, et la société dans son ensemble.

La trajectoire de l’entreprise Centimeo, fondée par Benjamin Dupays, est à l’image de la logique dans laquelle se construit une entreprise sociale.  «Notre but premier était le recyclage des pièces rouges, puis on s’est dit qu’on n’allait pas se mettre à vendre des produits qui n’ont pas cohérence avec ce projet citoyen», explique le jeune homme. Les friandises vendues dans les distributeurs Centimeo, où l’on paie avec des pièces rouges, seront donc bio ou locales.

L’engagement ne s’arrête pas là. Centimeo emploie des salariés en insertion, et relocalise un maximum la production de ses machines. Lancée pour répondre à un problème – la frappe à perte des pièces rouges – l’entreprise s’est donc mise dans le même temps à répondre à des problématiques liées à l’emploi et l’environnement.   «On est devenu une entreprise sociale par ricochet», résume Benjamin Dupays.

Même logique pour les boutiques de commerce équitables Altermundi. Toutes les facettes de l’entreprise sont pensées en visant l’intérêt général, de manière à avoir un maximum d’impact. La boîte ne se contente pas d’améliorer la vie des petits producteurs et de favoriser le développement d’objets éco-conçus. Elle emploie, elle aussi, des travailleurs en difficulté.

D’une pierre deux coups

Grâce à ce type d’efforts, c’est au final toute la société qui se retrouve gagnante. Une étude, réalisée en mars 2012 par le cabinet McKinsey, a montré que l’activité des entrepreneurs sociaux permet à la collectivité d’économiser des coûts de prise  en charge (allocations chômage, RSA, dépenses liées au aux problèmes de santé etc..) et qu’elle engendre des revenus pour la collectivité (charges patronales, impôts…). Le cumul de ces économies et bénéfices est systématiquement supérieur à l’argent investi dans ces projets sous la forme de subventions.

Le fondateur de l’association S.I.E.L BLEU, qui œuvre pour la santé grâce à l’activité physique adaptée, parle de «cercles vertueux». S.I.E.L BLEU intervient notamment dans des entreprises, en proposant par exemple d’enseigner des techniques d’échauffements à des ouvriers du bâtiment. «Cela amène une plus-value aux salariés, aux entreprises et aux pouvoirs publics car il y a moins d’accidents», explique Jean-Michel Ricard. Pour lui, c’est clair : «l’activité physique adaptée sera le médicament du 21e siècle parce que ça change la vie des gens, et ça créé de l’emploi au niveau local».

Changer les mentalités

Au-delà des aspects financiers et de bien-être, les entreprises sociales permettent, aussi, de faire évoluer les mentalités, de distiller progressivement dans la société l’idée qu’il existe d’autres manières de faire du business et de consommer.  La Ruche qui dit Oui, par exemple, popularise les circuits-courts. Florence, responsable d’une ruche à Paris, a constaté de ses propres yeux le pouvoir du «bouche à oreille». «Quand j’ai débuté ma Ruche il y a 3 trois, j’avais peu de monde. Tout d’un coup, ça a grandi. Aujourd’hui j’en suis à 250/300 commandes par semaine», raconte-t-elle.

Prouver que rien n’est figé. Voilà, entre autres, la force des entreprises sociales. Saïd Hammouche, fondateur du cabinet de recrutement Mozaïk RH, n’en dit pas moins quand il décrit les conséquences d’un recrutement d’un jeune de quartier dans une grande entreprise : «Ce modèle de réussite donne envie au petit frère ou à la petite sœur qui est derrière de faire des études, et ça encourage tout le quartier. On redonne de la force à la notion de méritocratie», souligne-t-il.

Cet article est extrait du UP mag n°9


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