A partir du 30 novembre, à Paris, 195 Etats, ainsi que l’Union Européenne, se rassembleront pour une Conférence sur le climat décisive pour l’avenir de la planète et de ses habitants. La COP21 devra permettre un accord international pour limiter la hausse du réchauffement climatique à +2°C. Au-delà de cette limite, les scientifiques redoutent un emballement du système climatique. Explications…

A quelques semaines du coup d’envoi de la COP 21, les Nations-Unis ont dévoilé un rapport sur les engagements annoncés par 146 Etats pour limiter la hausse du réchauffement climatique à +2°C d’ici 2100. Si un accord est trouvé durant cette « Conférence sur le climat », ce sera la première fois qu’autant de pays, totalisant 86 % des émissions de gaz à effet de serre de la planète, s’engageront pour maintenir le réchauffement climatique, en promettant des mesures contraignantes applicables à partir de 2020. Mais l’analyse révèle que, malgré les efforts énoncés, les engagements, s’ils sont tous réalisés, ne permettront de limiter la hausse moyenne de la température mondiale qu’à +2,7 °C la d’ici à la fin du siècle. La croissance des émissions de gaz à effet de serre serait donc fortement ralentie puisque les études les plus pessimistes estiment que l’inaction pourrait conduire à une hausse allant jusqu’à +4,8°C. Mais malgré un ralentissement conséquent, les scientifiques redoutent que cet écart conduise à un emballement du système climatique.

Un degré aux impacts multiples

+2,7°C. Un chiffre qui ne paraît pas si alarmant. Pourtant, les experts estiment que l’impact sera loin d’être le même. Au-delà de +2°C, les conséquences du réchauffement climatique seront même irréversibles. Les catastrophes naturelles se multiplieront et redoubleront d’intensité. Tempêtes, canicules, sécheresses ou pluies diluviennes ne seront plus anecdotiques. Les scientifiques redoutent par exemple que les températures élevées de l’été 2003 en France soient considérées comme normales en 2060, voire fraîches en 2070. Des pluies diluviennes seront susceptibles d’inonder régulièrement les régions tempérées. A contrario, certaines zones connaîtront une désertification si intense que le Golfe Persique pourrait devenir inhabitable d’ici 2100, selon certaines études. La fonte de la banquise provoquera la submersion de nombreux littoraux. L’acidification des océans menacera les écosystèmes marins. D’ailleurs, 20 à 30 % des espèces végétales et animales seraient menacées d’extinction, faute d’adaptation rapide aux changements climatiques. Les Hommes subiront aussi l’impact du réchauffement avec une augmentation massive du nombre de réfugiés climatiques, l’amoindrissement des denrées et la fragilisation des économies.

Et responsable d’un engrenage irréversible

Aujourd’hui, au moins 20% de la surface du globe est recouverte de glace. On désigne ce type de sol sous le terme « pergélisol » ou « permafrost ». Sous ce sol gelé, 1 500 milliards de tonnes de gaz à effet de serre (GES), composé de dioxyde de carbone et de méthane (20 à 25 fois plus polluants que le CO2 !), sont emprisonnés. Selon le 5ème rapport du GIEC sur les changements climatiques et leurs évolutions futures, la fonte des sols gelés entraînera la libération de ces gaz dans l’atmosphère, qui entraînera à son tour une hausse du réchauffement climatique et donc accélérera la fonte du pergélisol qui pourrait libérer entre 130 et 160 gigatonnes de GES d’ici à 2100 ! Un cercle vicieux irréversible qu’il convient de limiter au maximum. Un accord sur le climat à l’issue de la COP 21 est donc essentiel et des efforts plus importants sont encore nécessaires pour parvenir à l’objectif fixé par la communauté internationale. Établir dès à présent un système de révision périodique des contributions de chaque pays semble un bon moyen de réussir.


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