Implanté dans une ancienne friche à Nantes, le Solilab regroupe les entreprises, associations et travailleurs de l’économie sociale et solidaire locale. Un lieu hybride qui se cherche encore, mais promet de belles heures aux innovations du territoire. Reportage.

Ancien fief des chantiers navals, l’Ile de Nantes restée en friche pendant quelques années, accueille depuis peu un pôle dédié à l’ESS où cohabitent près de 200 travailleurs. A croire que la «belle endormie», a trouvé une nouvelle dynamique !

A deux pas de la grande embouchure de la Loire, le Solilab s’impose dans trois anciens hangars industriels. En entrant sur le site, on est accueilli par une cinquantaine de vélos garés en rang d’oignons, et autant de boites aux lettres annonçant des noms prometteurs : Collectif Zéro Déchet, Open Odyssey, Terra Herba…

Une vitrine de l’ESS

Ce pôle de l’ESS, tout de bois vêtu, réunit plus de 80 structures (assos, entreprises, coopératives, etc), pourvu qu’elles respectent un esprit solidaire et social. Ouvert depuis un an et demi, ce drôle de bâtiment, se présente comme un écosystème hybride unique. Sorte de ruche composée de cabanes en bois, il accueille surtout des bureaux à la location, mais aussi une pépinière, un incubateur de jeunes entreprises, un open space, une cantine, des salles de réunion communes, un magasin de réemploi et une grande halle événementielle.

«L’idée de départ, était de trouver un lieu pour rassembler les acteurs de l’ESS et augmenter leur visibilité. Avant, on était tous dispatchés à droite à gauche. On souhaitait donc créer une vitrine publique pour informer sur le fait qu’on peut entreprendre, travailler et consommer autrement», raconte Mélanie Boghos, responsable du Solilab.

Changer le regard du grand public

Devant le hall central, les locataires s’accordent une pause au soleil, café à la main. Le food truck s’installe tranquillement pour restaurer les travailleurs ce midi. En traversant la passerelle en bois surplombant la cour, un couloir s’ouvre sur une ambiance studieuse. Les portes sont fermées, chacun semble s’affairer à sa tâche. En frappant à l’un des conteneurs de bois, on trouve Margot, installée à son poste. A quatre dans le bureau, l’association des Créalters, qui aide les alternatives écologiques à se développer sur le territoire, s’est organisée un petit local cosy. « On est mieux que là où on était avant ! Ce qui est super, ce sont les lieux de réunions, ou la cantine et la halle, qui permettent de recevoir pas mal de bénévoles ou partenaires.”

Donner sa chance aux idées

Effectivement, sous l’imposante charpente et la tôle graffée d’origine, se dresse la halle couverte où se déploient canapés et tables basses pour les moments d’échange. Ce grand espace sert aujourd’hui à « La fabrique du changement », un événement accueillant près de 200 personnes sur le management innovant.

La voix de la conférencière et économiste Anne-Sophie Novel fait écho dans le hall : « On crée des communautés, des mouvements d’entrepreneurs, on prototype, on agit, et si ça marche pas, c’est pas grave, l’échec sera intéressant pour avancer. » De quoi résumer le Solilab en une phrase !

Ici, en plus d’accueillir les structures déjà actives, il s’agit effectivement de donner sa chance aux idées, grâce au Labo des Ecossolies (le réseau de l’ESS local, co-responsable du lieu avec les locataires) et ses ateliers de pré-incubation, d’études d’opportunités, d’initiation au pitch. De quoi roder son projet !

Ateliers et petits déjeuners partagés

«C’est en fréquentant d’abord la pépinière du Solilab, en tant que porteuse de projets, que j’ai rencontré les Créalters, et me voilà désormais en contrat chez eux », témoigne Margot. C’est le genre de rencontre que tente de créer le Solilab, en jouant sur la promiscuité. « C’est sû qu’en temps normal, on est tous pris dans nos missions, du coup, on se fait surtout des bonjours furtifs dans les couloirs, mais il y a des moments en commun qui nous rapprochent », rapporte la jeune femme.

«Ça ne se fait pas tout seul de créer du lien entre les locataires, sourit Mélanie Boghos, responsable du lieu. C’est notre rôle. On y travaille, on tente de trouver des solutions pour développer l’interconnaissance. On organise pas mal de petits déjeuners, ateliers ou apéros pour faciliter les échanges entre les structures habitant le Solilab ». Un travail de longue haleine, même si les connexions agissent déjà : certains acteurs s’échangent des services et répondent ensemble à des appels d’offres… De quoi apprivoiser cette toute nouvelle proximité.

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