Les logiciels libres, gratuits, créés par des communautés de chercheurs et de passionnés, permettent à certains d’accéder à l’informatique. Rencontre avec les geeks activistes qui luttent contre le gâchis et la précarité numérique en redonnant vie aux vieilles machines.

Votre vieil ordi prend la poussière dans un tiroir ? Et si vous lui offriez une nouvelle vie ? C’est ce que proposent les structures de reconditionnement d’ordinateurs, comme l’association Nâga à Nantes. Le constat est simple : beaucoup de PC «dépassés» finissent au recyclage ou pire, à la poubelle, alors même que des milliers de personnes n’en n’ont pas à la maison (près de 20 % des français n’ont pas accès à Internet depuis leur domicile d’après l’Observatoire du numérique).

Partager la culture du «libre»

Dans le petit local de Nâga, sur des étagères en bois, se côtoient une cinquantaine d’unités centrales éventrées, des écrans dépoussiérés et des centaines de claviers. La jeune association s’est donnée comme mission de récupérer les vieux ordis de bureau pour les réparer, les « libérer » et les donner. Engagés dans une autre approche de l’informatique et de la consommation, ces acteurs du reconditionnement revendiquent l’utilisation des logiciels libres. Ces logiciels collaboratifs fruits de la culture du partage, dénués de toute dépendance commerciale. Leur avantage : être toujours évolutifs et « bidouillables », et donc ne jamais devenir obsolescents. Une vraie alternative aux logiciels à licence payante type Windows ou Mac.

Un réseau national

Derrière ce projet se cache un long démarchage auprès d’entreprises et de collectivités, afin de les convaincre de ne pas jeter leur parc informatique << obsolète >>. Pour faciliter cette tâche, un site internet national essaie d’ailleurs de mettre tout le monde en contact les acteurs du reconditionnement : www.recyclage-informatique.net. On y trouve, pour chaque région, des associations comme Naga ou des entreprises comme les Ateliers du bocage en Poitou-Charentes, une une communauté Emmaüs spécialisée dans la recup’ informatique. Alors, ce vieil ordi… On le libère ?

«L’avantage d’évoluer dans le monde du libre, c’est qu’on ne paie ni son système (habituellement compris dans le prix de l’ordinateur pour environ 200 €, ndlr), ni les logiciels (rien que le pack de bureautique Office coûte 150 €, ndlr). Encore faut-il connaître cet univers, et c’est pour ça qu’on est là aussi !»

Apprendre à réparer

Cette petite structure donne donc à ses adhérents des ordis remis à jour en échange d’une légère adhésion à l’association, qui leur permet d’accéder aux ateliers d’entraide. « Ici, on cultive le partage de connaissance et l’autonomie. » précisent Benjamin et Pierre-François les salariés de Nâga. Ils multiplient en ce sens les tutoriaux et forums en ligne ouverts à tous, pour que chacun puisse trouver seul les solutions à ses problèmes informatiques.

De quoi ravir Catherine, une jeune grand-mère au RSA, venue au local adopter une nouvelle machine : « Je n’avais pas les moyens d’acheter un ordinateur. Ici c’est génial, j’en ai un pour 40 € ! Pour l’instant, je n’y comprends pas grand-chose, mais un jour je pourrai aller sur internet pour papoter avec mes petits-enfants !»

Article rédigé en partenariat avec Say Yess

Dans son ambition de mieux faire connaître l’économie sociale et solidaire (ESS) auprès des 16-30 ans, le programme Jeun’ESS , animé par l’Avise, a lancé Say Yess en juin 2013. Say Yess c’est le média en ligne des jeunes qui se bougent pour une société et une économie plus équitables, plus durables et plus solidaires. Par de petits gestes ou de grands projets, en bas de chez eux ou à travers le monde, le temps d’une soirée, d’un clic ou toute l’année, les jeunes prennent les choses en mains !

info inspirante ?
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