Le LH Forum a ouvert ses portes le 25 septembre au Havre. La couverture médiatique dont cette deuxième édition bénéficie atteste du succès grandissant rencontré par le mouvement de l’économie positive, qui prône « un capitalisme patient » privilégiant des objectifs à long terme.

« Réorienter le capitalisme vers la prise en compte des enjeux de long terme. » Tel est l’esprit de l’économie positive définie dans le rapport remis par Jacques Attali (voir encadré) au président de la République, François Hollande, le 21 septembre 2013. Aboutissement d’un travail mené pendant un an par la commission de travail dédiée, ce document est aussi la preuve que les pouvoirs publics accordent de plus en plus d’importance au mouvement de l’économie positive, né lors du premier LH Forum en septembre 2012. Le principe ? Se poser en alternative à « la dictature de l’urgence » qui régit le système économique actuel. « L’altruisme envers les générations futures y est un moteur plus puissant que l’individualisme animant aujourd’hui l’économie de marché », ajoute le rapport.

Changement d’échelle

« L’économie positive vise à réconcilier la démocratie, le marché et le long terme ; à rendre compatible l’urgence du court terme avec l’importance du long terme. » Une nécessité, selon les auteurs du texte, pour relever les défis sociaux, économiques et environnementaux majeurs qui se présenteront à la population mondiale d’ici 2030. « Des exemples de l’économie positive existent déjà : les services publics, l’entrepreneuriat social, l’investissement socialement responsable, la création de valeur partagée, le capitalisme conscient, le commerce équitable, l’économie sociale et solidaire, précise le document. [Ils] demeurent toutefois trop anecdotiques : l’économie positive suppose, pour réussir, un changement d’échelle. »

Jacques Attali est un économiste diplômé de l’école Polytechnique, de l’Institut d’Études politiques (IEP) de Paris et de l’École nationale d’administration (ENA). Il devient conseiller spécial de François Mitterrand en 1981. Dans les années 1990, il fonde et préside notamment la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). En 2007, l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, le charge de présider une commission sur la libération de la croissance française. Il publie un premier rapport en 2008, puis en octobre 2010.

Capitalisme patient

C’est tout l’enjeu de la deuxième édition du LH Forum, qui réunit dirigeants d’entreprises, représentants associatifs, leaders universitaires, politiques et syndicaux afin de promouvoir les débats sur l’économie positive. Car si ce nouveau modèle a trouvé ses adeptes, il ne manque pas de détracteurs, qui lui reprochent d’être un concept attrape-tout favorisant le greenwashing (se donner une image responsable) des grandes entreprises. Autre critique, il ne remet pas en cause la finance, ni le capitalisme. Le rapport de Jacques Attali précise en effet que « l’un des pré-requis est de bâtir un capitalisme patient, à travers une finance positive, qui retrouve son rôle de support de l’économie réelle ». Insuffisant aux yeux de ceux qui prônent un changement complet de paradigme économique, afin de sortir de la crise actuelle.


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