2   +   1   =  

Pour montrer une entreprise sociale, pas de recette miracle. Tout repose sur l’idée, la conviction et le modèle économique, diront la plupart des professionnels du milieu. Mais concrètement, ça veut dire quoi ? Petit guide à usage des entrepreneurs sociaux en devenir.

1 – J’ai la bonne idée

L’entreprise sociale commence avant tout par une idée bien réfléchie. Il faut se poser les bonnes questions, autant sur son projet que sur soi-même : à quel besoin social je souhaite répondre ? Quel est le produit ou le service qui va me permettre de répondre à ce besoin ? Suis-je prêt à entreprendre ? Comment puis-je utiliser mes compétences ?

«Le début de SIEL Bleu, c’est une belle rencontre. On s’est retrouvés sur les bancs de l’université en STAPS à Strasbourg. On n’a pas voulu aller dans la voie traditionnelle de l’éducation nationale et on voulait se servir de ce qu’on avait appris : l’activité physique adaptée comme véritable outil de prévention universelle en direction de personnes en fragilité. On était persuadé que cela pouvait améliorer la vie des gens.» Jean-Michel Ricard, co-fondateur de S.I.E.L BLEU.

2 – Je pense un modèle économique

Dans entreprise sociale, il y a entreprise. Mais l’objectif d’impact social ne doit pas faire oublier des réalités plus terre à terre. Dès qu’il se lance, l’entrepreneur social doit réfléchir à la viabilité de son projet. Dégager des ressources financières permet d’investir, donc de se développer, et in fine d’accroître son impact social.

«Le danger, c’est de vouloir sauver le monde. Il faut vraiment être raisonnable par rapport à ce qu’on peut entreprendre et bien se fixer un cadre. Il faut penser à la fois à avoir un impact positif mais aussi à ce que l’entreprise tourne. Trop souvent on se laisse emporter par les projets, sauf qu’au final il faut que ce soit réalisable. Il faut penser viabilité avant tout.» Thibaut Ringo, directeur général d’Altermundi.

3 – Je me fais accompagner

Formation, hébergement, financement… Une série d’acteurs peuvent venir en soutien aux entrepreneurs sociaux. On citera par exemple l’association La Ruche, qui offre des espaces de travail, l’incubateur SenseCube, Le Comptoir de l’Innovation (groupe SOS)* ou encore l’incubateur Ronalpia à Lyon.

«J’ai rejoint le réseau Moovjee. Cet écosystème est important pour structurer la démarche, nous expliquer comment tout fonctionne et surtout faire les premières mises en relation. C’est d’autant plus important quand on n’a pas de réseau au départ.» Benjamin Dupays, fondateur de Centimeo.

4 – Je grandis, je change d’échelle

Une bonne idée et un bon modèle sont souvent synonymes de développement. L’entreprise sociale peut être amenée à élargir ses activités vers de nouveaux bénéficiaires ou de nouveaux territoires. Ce changement d’échelle, qui doit être anticipé, oblige parfois à repenser son idée. En clair, pas question de se reposer sur ses lauriers.

«Toutes les batailles renforcent l’entreprise. La Ruche Qui Dit Oui a été lancée sur une plateforme pas chère, qui avait peu de potentiel. A un moment donné, on a tout recommencé à zéro, lancé une nouvelle plateforme. On n’avait pas imaginé que ce serait aussi difficile. Le réseau a souffert de ce changement, on a perdu une partie des gens. Mais maintenant, on a des fondations solides.» Guilhem Cheron, fondateur de La Ruche Qui Dit Oui.

> Découvrez le Mooc UP le mag, 5 vidéos, 5 enjeux pour réussir son entreprise sociale à partir du 1er octobre.


Commentaires