Le compostage n’est plus réservé aux heureux propriétaires de grands jardins. Un peu partout en France, les composts collectifs fleurissent, pour permettre à chacun d’offrir une nouvelle vie à ses déchets organiques. Exemple à Montreuil, en Seine-Saint-Denis.

Jetés à la poubelle, nos épluchures, fruits pourris et marc de cafés subissent le sort coûteux des autres déchets : ils sont transportés et traités dans des centres de tri. Mais à Montreuil, les habitants ont la possibilité d’offrir à ces déchets un chemin alternatif : le bac à compostage. Dans cette ville de banlieue parisienne, le compostage collectif se pratique depuis plusieurs années.

Les premières compostières de proximité ont été installées en 2010, à l’initiative de l’association Le Sens de l’Humus. Le principe du compostage collectif est simple : les personnes intéressées peuvent venir déposer leurs déchets organiques lors de temps prévus à cet effet dans de grands bacs destinés au compostage. Une fois le cycle de décomposition biologique terminé, le terreau fertile créé à partir des déchets est distribué aux participants.

Autogestion et convivialité

Le compostage de quartier se pratique en autogestion. «Nous ne voulions pas que ce soit juste une poubelle en plus, nous sommes dans une démarche de pédagogie et de sensibilisation», explique Margaux Douté, de l’association le Sens de l’Humus. «Le but est que les gens apprennent, c’est eux qui font tout le processus». Un citoyen «référent» s’occupe par exemple de l’approvisionnement en broyat, la matière sèche mélangée aux déchets humides. Un autre s’assure du retournement du compost à la moitié de son cycle.

Les membres des collectifs d’habitants impliqués assurent des permanences pour répondre aux questions des passants curieux et des affiches pédagogiques sont apposées sur les bacs à compost. Mais au-delà de la démarche de sensibilisation, le compostage public est aussi un moment de partage. En s’investissant dans un projet commun, les voisins apprennent à se connaître et échangent dans une ambiance conviviale.

La ville de Montreuil compte actuellement deux zones de compostières de quartier. Mais des composts collectifs sont également installés en pieds d’immeubles, ou encore dans des établissements collectifs comme des cantines scolaires.

D’autres communes et villes de France suivent la même démarche, comme Nantes, Lyon ou Grenoble. On ne peut qu’espérer que les autres suivent, quand on sait qu’un tiers des ordures ménagères sont des déchets organiques qui peuvent être compostés.

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